BAC de Marseille : l’unité dissoute

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BAC de Marseille : l’unité dissoute
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Le ministre Manuel Valls a réagi après le scandale qui secoue cette équipe de la police.

Manuel Valls a décidé de frapper un grand coup. Le ministre de l’Intérieur a annoncé vendredi soir la dissolution de l'équipe de jour de la brigade anti-criminalité (BAC) Nord mise en cause dans une affaire de corruption présumée.

Plus tôt dans la journée, sept policiers de la BAC du nord de Marseille, soupçonnés d'avoir volé et extorqué de l'argent et de la drogue à des dealers, ont été écroués et cinq autres placés sous contrôle judiciaire, après leur mise en examen vendredi soir.

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"Ne pas jeter le discrédit sur l'ensemble des policiers"

"Les faits pour lesquels ils sont poursuivis sont d'une exceptionnelle gravité" et "s'ils sont avérés", ils "portent atteinte à l'honneur et à la probité dont doivent être porteurs celles et ceux qui assurent la sécurité de nos concitoyens", a expliqué Manuel Valls dans un communiqué. "En dépit d'une ampleur que nul ne conteste, cette affaire ne doit pas conduire à jeter le discrédit sur l'ensemble des 7.000 policiers des Bouches-du-Rhône", a souhaité le ministère. Manuel Valls sera à Marseille le 12 octobre pour le congrès du syndicat de policiers Alliance.

Une véritable "gangrène" au sein de ce service

Le procureur de la République, Jacques Dallest, avait évoqué précédemment devant la presse une véritable "gangrène" au sein du service de police concerné et "une affaire lourde, loin d'être terminée". "Il est envisageable que d'autres personnes soient impliquées pénalement", a-t-il dit.

Me Béatrice Manoukian, avocate de l'un des policiers écroué, qu'elle a dit "effondré", a regretté un "dossier qui fait beaucoup parler, trop parler". Me Pascal Roubaud, dont le client a été placé sous contrôle judiciaire, s'est lui félicité que "le juge ait su ramener les choses à leur exacte proportion".

28 membres de l’équipe de jour entendus

L'instruction est menée depuis le 22 février par les juges Patricia Krummenacker et Caroline Charpentier pour des faits de vols et d'extorsion commis en bande organisée, passibles de 20 ans de réclusion, et d'infractions à la législation sur les stupéfiants.

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Treize policiers avaient été placés en garde à vue depuis mardi et 15 ont été entendus librement par 30 enquêteurs de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Soit au total 28 membres de l'équipe de jour de la BAC Nord, qui compte 70 personnes en tout, ayant aussi une équipe de nuit.

Vol, racket, trafic de drogue

Les mis en cause sont âgés de 25 à 50 ans environ et le plus gradé est brigadier-chef. "De très gros moyens" ont été employés pour les surveiller, avec la pose de micros et de caméras dans les locaux de la BAC et les véhicules de fonction.

Selon le procureur, les conversations enregistrées sont "accablantes" et révèlent "tout un catalogue d'agissements inacceptables". Vol, racket, trafic de drogue, "tout y passe et de façon répétée dans le temps", a-t-il souligné.

Une affaire exceptionnelle

En outre, 450 grammes de cannabis et d'herbe et plusieurs sommes d'argent, dont la plus importante est de 800 euros, ont été découverts cette semaine lors de fouilles dans les vestiaires et les faux plafonds de la BAC Nord.

Cette affaire "exceptionnelle", selon la Direction générale de la police nationale, secoue la police marseillaise, qui avait déjà fait l'objet d'une opération "mains propres" à l'été 2010 sur fond d'arrestations dans le milieu du banditisme et de soupçons de fuites.