Aurore Martin, une fugitive pas si isolée

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Aurore Martin, une fugitive pas si isolée
Aurore Martin lors de sa première réapparition publique, en plein meeting à Biarritz.@ REUTERS
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La tentative d'arrestation de la militante basque a été stoppée par une forte mobilisation.

Une tentative d'arrestation à Bayonne d'Aurore Martin, jeune militante de l'indépendantisme au Pays basque français, s'est soldée mardi par un échec après l'intervention d'autres militants basques accourus à son secours en plein centre-ville.

Aurore Martin, qui doit être transférée en Espagne en vertu d'un mandat d'arrêt européen, est recherchée pour ses liens avec le parti indépendantiste Batasuna, illégal de l'autre côté des Pyrénées car considéré comme lié à l'organisation politico-militaire ETA, mais légal en France. Mardi, elle se trouvait dans l'appartement de sa sœur lorsqu'une demi-douzaine de policiers cagoulés y ont fait irruption, selon le récit du porte-parole du Comité de défense des prisonniers basques Askatasuna, Anaïz Funosas, sur les lieux au moment des faits.

Emportée par une foule de militants

Alors que les policiers s'apprêtaient à conduire la jeune femme vers leurs fourgons, une empoignade les a opposés à quelques dizaines de militants qui sont parvenus, en pleine rue, à libérer la militante puis à l'escorter vers un bistrot du Petit Bayonne.

La tension du face-à-face entre police et sympathisants est brusquement retombée avec le départ des cars de police. Un responsable de la police a confirmé l'arrêt de l'opération, pour "trouble à l'ordre public".

Des soutiens au-delà de la cause basque

Les soutiens d’Aurore Martin ne se limitent pas aux seuls militants basques. Un grand nombre de personnalités du monde politique et associatif ont apporté leur soutien. Le maire centriste de Biarritz, Didier Borotra, l’a rencontrée et a signé un manifeste en sa faveur.

La députée Vert européenne Catherine Grèze et la sénatrice du même bord Alima Boumedienne-Thiery lui ont apporté leur soutien, tout comme les responsables de plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme.

La raison de leur soutien ? Le fait que "pour des faits que la loi française ne punit pas, une citoyenne française soit sous le coup, depuis plus de six mois, d'une arrestation, d'une incarcération et d'une remise par la France aux autorités judiciaires d'un pays où elle encourt douze ans d'emprisonnement", comme l’ont dénoncé deux dirigeants du Syndicat national de la magistrature, Mathieu Bonduelle et Patrick Henriot, dans une tribune publiée dans Le Monde.

Guéant ne lâche pas prise

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a, au contraire, envoyé un message de fermeté. Cette décision de justice "sera mise en oeuvre", a-t-il prévenu. "Cette dame est sous le coup d'un mandat d'arrêt européen. Il est du devoir de la police française de (le) mettre en oeuvre", a-t-il déclaré depuis Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne.