Aulnay peut compter sur ses blogueurs

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Aulnay peut compter sur ses blogueurs
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WEB - Ils parlent, chacun à leur manière, de leur ville et de la tempête PSA qui s'y est abattue.

Ils sont contrôleur de gestion, ingénieur commercial ou fonctionnaire en charge des marchés publics. Avant de partir au travail ou en rentrant chez eux le soir, ils passent des heures devant leur écran ou sur le terrain pour parler de leur ville, Aulnay-sous-Bois. Stéphane Fleury a créé en 2009 le blog "Aulnay libre" où ils sont aujourd'hui 6 rédacteurs. Jean-Marc Engelvin, lui, est l'un des cinq rédacteurs de "Mon Aulnay". Mohammed Bensaber, en charge de la communication de la ville, a quant à lui créé son propre blog "J'aime Aulnay !". Enfin, Olivier Attiori tient les comptes sur Twitter et Facebook "Association Aulnay citoyen", où il transmet les articles et posts de blogs sur l'actualité aulnaysienne. Alors que leur ville fait les grands titres avec la reprise des négociations sur le plan social de l'usine PSA, ces quatre férus d'information en ligne livrent à Europe1.fr leur vision de leur ville, leur ressenti et leurs objectifs.

POURQUOI LEUR BLOG ?

Stéphane Fleury (Aulnay libre) : "Il y a un problème de démocratie participative à Aulnay. Il faut rompre avec l'idée qu'une fois le scrutin passé, chacun rentre chez soi. Nous voulons que les gens deviennent des acteurs. Il faut quelques locomotives et nous jouons ce rôle. Je couvre les réunions publiques, je filme. On dit que je suis le poil à gratter des politiques ! A Aulnay, il y a une pépinière de blogueurs pour donner la parole aux habitants. Le blog permet de traiter plus en profondeur un sujet que les autres médias et puis j'ai plus de réactivité car je suis sur le terrain. C'est un vrai effort, mais il est nécessaire car cette ville manque de pluralisme. Mon objectif est qu'il y ait plus de concertation entre la municipalité, les élus et les riverains sur les projets, notamment d'urbanisme."

Jean-Marc Engelvin (Mon Aulnay) : "On veut donner une information indépendamment des forces politiques et de toute entreprise ou association. Chaque rédacteur aborde les différents sujets sur Aulnay avec sa propre sensibilité mais le but est d'être le plus objectif possible. Cependant, on sait que la blogosphère a un impact limité et qu'on ne va pas bouleverser à nous seuls la perception des habitants sur un sujet."

Mohammed Bensaber (J'aime Aulnay !) : "Je veux donner une image différente d'Aulnay, une ville qui est aussi riche de talents, de potentiels, d'événements sportifs… Aulnay, ce n'est pas 2005 [le début des émeutes, ndlr]. J'ai le regard d'un mec de trente ans, né à Aulnay et qui aime sa ville. D'une ville qui va peut-être gagner un Grammy Awards à Los Angeles ! [pour l'album de blues And still I rise pro­duit dans le cadre du fes­ti­val Aulnay-all-Blues, ndlr]"

LEUR VILLE DANS LA TEMPETE PSA

Stéphane Fleury (Aulnay libre) : "Le dossier PSA a été géré de manière catastrophique. C'est facile à dire après coup mais un politique doit être capable d'anticiper des scénarios alternatifs.  J'ai couvert des manifestations de salariés d'Aulnay et on pouvait sentir leur détresse profonde. Je peux l'imaginer car j'ai moi-même déjà vécu des plans sociaux."

Jean-Marc Engelvin (Mon Aulnay) : "La fermeture se profilait depuis un moment et pourtant, on en a peu parlé au regard des risques pour la ville, y compris pendant les élections législatives. Puis il y a eu l'annonce de la fermeture de l'usine en juillet, qui a été un tremblement de terre pour tout le monde. Aujourd'hui, on parle d'Aulnay tous les jours à ce sujet."

Mohammed Bensaber (J'aime Aulnay !) : "Ce 12 juillet 2012 a été un sacré coup de massue pour ceux qui aiment cette ville. J'ai été interpellé car je connais pas mal d'amis qui travaillent à l'usine. Cela fait mal au cœur. Mais il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas que PSA à Aulnay. C'est une ville qui vit, qui ne se replie pas sur elle-même et qui change."

LEURS REVENDICATIONS

Mohammed Bensaber (J'aime Aulnay !) : "Le combat est aujourd'hui de ne laisser aucun salarié sur le carreau."

Stéphane Fleury (Aulnay libre) : "Les élus sont là, ils disent qu'ils sont présents, mais on a l'impression que le dossier n'est pas maîtrisé. Le journal municipal dit que tout va bien, mais nous, nous voulons plus de transparence."

Olivier Attiori (Association Aulnay citoyen) : "PSA, c'est une hypocrisie totale. On sait depuis 2008 que l'usine va fermer.  Les politiques de droite comme de gauche n'ont pas voulu anticiper, tout le monde se renvoie la balle et on perd encore du temps. Il faut dire franchement aux salariés que les négociations n'aboutiront pas et leur trouver des solutions de reclassement. "