Au soutien de "Libérator"

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Au soutien de "Libérator"
@ MAXPPP
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Ce juge des libertés, critiqué par la police, est menacé d’éviction. Les magistrats le soutiennent.

Les policiers le surnomment "Libérator". Le moins que l’on puisse dire, c’est que Xavier Lameyre, juge des libertés, est peu apprécié par les syndicats policiers, qui estiment que ses décisions de laisser en liberté certains suspects dans certaines enquêtes compromettaient le travail de la police. Il a notamment, contre l'avis du parquet et de certains juges d'instruction, retenu la nullité de certains placements en garde à vue sur le fondement d'une jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, qui imposerait, selon son interprétation, l'assistance accrue d'un avocat.

Le magistrat est aujourd’hui menacé d’éviction. Le président du tribunal de Créteil a déclaré à la presse qu'il envisageait de le changer d'affectation et lui confier la présidence d'une chambre pénale, ce qui constituerait une promotion. "Je suis attaché à l'indépendance du juge (...) mais je suis comptable de la confiance que doit inspirer la juridiction à l'extérieur", a admis Henri-Charles Egret au Monde.

"Le futur de la justice"

L'Union syndicale de la magistrature (USM, majoritaire) et le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) appellent à un rassemblement mercredi devant le tribunal de Créteil pour le soutenir, car ils car ils jugent son déplacement contraire au principes fondamentaux. La section locale de l'USM dénonce dans un communiqué "la politique qui consiste à stigmatiser un magistrat lorsque ses décisions déplaisent et qui conduit les chefs de juridictions à prendre, sous la pression, des décisions contraires à l'indépendance du corps qu'ils sont censés protéger".

Le président du tribunal devrait selon les syndicats recueillir l'avis de l'assemblée générale des magistrats de Créteil et expliquer les raisons de sa décision. Pour eux, l'affaire laisse prévoir le fonctionnement futur de la justice, quand les juges d'instruction indépendants auront été supprimés et remplacés pour les enquêtes importantes par les procureurs, nommés en conseil des ministres.