Arnaques en série dans l’ameublement

  • A
  • A
Arnaques en série dans l’ameublement
Près de la moitié des magasins contrôlés ces six derniers mois ont été en infraction.@ MAXPPP
Partagez sur :

La répression des fraudes a révélé des pratiques douteuses. Frédéric Lefebvre appelle à la vigilance.

Ces six derniers mois, 261 magasins d’ameublement ont été contrôlés par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Et le résultat est sans appel : 126 établissements se sont révélés être en infraction, et 52 procédures contentieuses ont été engagées. "Je ne m'attendais pas à ce que les contrôles (...) révèlent autant d'anomalies", a concédé Frédéric Lefebvre, secrétaire d’Etat à la Consommation.

Les arnaques constatées sont de trois ordres : d’abord des fausses remises faites à partir de prix artificiellement gonflés. Ensuite, des démarchages à domicile avec d’alléchantes loteries à la clé, qui débouchent sur une vente forcée. Enfin, des tromperies sur la qualité des meubles vendus. "L’exemple qui m’avait beaucoup frappé est celui du canapé en buffle massif", raconte Jean-Charles Vogley, directeur de la fédération de l’ameublement, sur Europe 1. "Le consommateur lambda qui n’achète pas un canapé tous les dix ans, buffle, il voit ce que c’est, massif ça donne tout de suite une idée fausse. Buffle massif, ça n’existe pas."

Les conseils de Lefebvre

Et pour duper le plus possible de clients, les responsables de magasins usent de baux précaires pour changer très rapidement d’endroit. "Une fois que ces opérateurs ont asséché le marché local, ils transportent le point de vente dans un département voisin. On change de direction départementale de la concurrence, on change de structure territoriale de la FNAEM (Fédération française du Négoce de l'Ameublement et de l'Equipement de la Maison, ndlr). Et bis repetita, et ter repetita", poursuit Jean-Charles Vogley. "Les régions concernées sont celles où les populations sont les plus rurales, les moins habituées à fréquenter les magasins, parce qu’ils sont loin de chez elles. Et où les populations sont donc les plus vulnérables."

En attendant de renforcer l’arsenal législatif, Frédéric Lefebvre a livré quelques conseils. "Comparer les prix, c’est essentiel. Faire confiance aux réseaux qui sont reconnus, les réseaux sédentaires. Essayer de savoir à qui on à affaire. Et ne pas acheter sur un coup de tête", a énuméré le secrétaire d’Etat. "Le meilleur outil, c’est évidemment la prévention." En attendant un code de bonne conduite, c’est bien la répression qui devrait pourtant être renforcée. Les arnaqueurs risqueront jusqu’à 75.000 euros d’amende et d’être frappés par une interdiction d’exercer.