Arbitrage : Bernard Tapie va devoir s'expliquer

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Arbitrage : Bernard Tapie va devoir s'expliquer
L'homme d'affaire sera entendu "lundi ou mardi" à la brigade financière@ MAXPPP
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L"hommes d'affaires doit être auditionné "la semaine prochaine" dans le cadre de l'affaire Adidas.

L'INFO. L'enquête sur "l'arbitrage Tapie" s’accélère. L'homme d'affaires doit être entendu "la semaine prochaine, lundi ou mardi" par les  policiers de la brigade financière dans le cadre des investigations sur l'arbitrage dont il a bénéficié dans son litige avec le Crédit lyonnais. Un dossier dans lequel trois protagonistes ont dernièrement été mis en examen. Selon des récentes révélations  du journal Le Monde, les enquêteurs disposent de suffisamment d'éléments pour établir que l'arbitrage qui a permis à Bernard Tapie d'obtenir 403 millions d'euros en 2008 pour solder son litige dans l'affaire Adidas a bien été faussé.

> L'ancien PDG d'Adidas risque ainsi de devoir s'expliquer sur plusieurs points bien précis. Lesquels ? Petite piqure de rappel.

>> ZOOM -  Les indices de la fraude

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© MAXPPP

Sa présence à une réunion à l’Élysée. Ce serait un moment clé de l'affaire : une réunion tenue à l'été 2007 en présence notamment de Stéphane Richard, alors directeur du cabinet de Christine Lagarde à Bercy, le secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant et Jean-François Rocchi,  président du CDR, l'organisme chargé de gérer le passif du Crédit lyonnais. Le but de cette entrevue ? Mettre en place la procédure d'arbitrage plutôt que de s'en remettre à la justice. Stéphane Richard, actuel PDG d'Orange, et Jean-François Rocchi ont été mis en examen le 12 juin dernier pour "escroquerie en bande organisée". Or, au cours sa garde à vue, Stéphane Richard aurait affirmé aux enquêteurs que Bernard Tapie lui-même était présent à cette réunion. Ce dernier déclare en "pas se souvenir d'une réunion à cette date", qui ne pouvait selon lui "être une réunion de validation, mais d'information". Stéphane Richard aurait cependant déclaré que Claude Guéant lui-même avait alors tranché la décision ce jour-là  : "nous allons faire l'arbitrage".

>> ZOOM - Ce qu'il faut savoir sur l'affaire Tapie

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© Capture écran BFM TV

Ses liens présumés avec le juge-arbitre Estoup. Pour les enquêteurs, l'arbitrage a été décidé via trois niveaux d'intervention. D'abord par une décision politique à l'initiative de lÉlysée, prise par Nicolas Sarkozy et Claude Guéant. L'ancien secrétaire général de l’Élysée pourrait d'ailleurs également être auditionné dans les jours qui viennent, peut-être même au même moment que Bernard Tapie. Joint par Europe 1, Claude Guéant explique ne pas avoir reçu de convocation. Deuxième éléments incontournable de l'arbitrage : les deux "architectes",  Stéphane Richard et Jean-François Rocchi. Viennent ensuite "les maîtres d'œuvres" : l'avocat de Bernard Tapie, Me Maurice Lantourne, et le juge arbitre Pierre Estoup. Ce dernier a été le premier individu mis en examen dans ce dossier. Lui aussi pour "escroquerie en bande organisée".

Selon les révélations du Monde, l'avocat de Bernard Tapie aurait reconnu lors d'une audition avoir proposé Pierre Estoup comme arbitre, contrairement aux règles de l'arbitrage, alors que les deux hommes se connaissaient, pour s'être croisés dans au moins dix procédures. A l'appui de liens anciens entre Bernard Tapie et Pierre Estoup, les enquêteurs retiennent la dédicace du 10 juin 1998 d'un livre dans lequel l'homme d'affaires adresse son "infinie reconnaissance" au magistrat pour son soutien. Un soutien qui se serait à nouveau manifesté dix ans plus tard. Les policiers ont également découvert, selon le quotidien, que, depuis 1997, Pierre Estoup facturait des honoraires en tant que consultant à l'ex-avocat de Bernard Tapie, Me Francis Chouraqui. Pour l'heure, Bernard Tapie, contacté par Europe 1, assure, agacé, de ne pas avoir reçu de convocation. Me Maurice Lantourne a de son côté affirmé ne pas être au courant.

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