Antibiotiques : bien, mais peut mieux faire

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Antibiotiques : bien, mais peut mieux faire
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La consommation d'antibiotiques en France a baissé en 10 ans mais elle reste encore trop forte.

Les campagnes contre l’utilisation systématique des antibiotiques ont porté leurs fruits. En dix ans, en France, la consommation des antibiotiques a baissé de 16%, selon un rapport publié mardi par l’agence des produits de santé (Afssaps).

"157 millions de boîtes ont été vendues pour un chiffre d’affaires de 852 millions d’euros", selon le rapport intitulé "Dix ans d’évolution des consommations d’antibiotiques" (1999-2009). Mais la baisse des ventes, "la plus importante observée en Europe", a surtout été constatée les cinq premières années du rapport, période pendant laquelle la France a laissé la place du plus gros consommateur européen à la Grèce.

Tendance à la reprise

Le rapport de l’Afssaps ne pointe pas que des points positifs. La consommation française "reste nettement au-dessus de la moyenne européenne" et une "légère tendance à la reprise" est apparue depuis 2005.

Les femmes vieillissantes (au moins jusqu’à 64 ans), qui consomment plus que les hommes, et le Nord de la France sont en première ligne. L’utilisation abusive d’antibiotiques, notamment pour soigner des maladies virales contre lesquelles ils n’ont aucune incidence, s’est traduite par un développement des résistances bactériennes.

Plus de nouveaux antibiotiques

L’Affsaps recommance d’utiliser mieux, et pas moins, les antibiotiques. En dix ans, 25 substances ont cessé d’être commercialisées et seulement dix nouvelles ont fait leur apparition. Selon certains scientifiques, cette baisse s’expliquerait par leur faible rentabilité.

L’industrie pharmaceutique préfère travailler sur des maladies chroniques comme le cancer ou les maladies cardiaques, plus "rentables". Benoît Schlemmer, président du comité de suivi du plan antibiotique, le déplore. "En terme de retour sur investissement, la prise en charge des maladies chroniques est beaucoup plus intéressante". Pour cette raison, le professeur appelle à "utiliser [les antibiotiques] que nous avons actuellement qu’à bon escient".

Aujourd’hui, un tiers des prescriptions antibiotiques est inutile. Et leur utilisation dévoyée conduit à " la diffusion de la résistance aux antibiotiques". 25.000 patients seraient morts en 2007 d’infections liées à des bactéries multi-résistantes qui n’ont pu être traitées.