Anonymous se montre

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Anonymous se montre
Les pirates d'Anonymous sont sortis de l'ombre ce week-end.@ MAXPPP
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La branche française du groupe de pirates informatiques est sortie de l’ombre ce week-end.

Ils ne sont plus si anonymes. Les membres français d’Anonymous, le groupe de pirates informatiques qui affirme lutter contre toute "censure" ou "dictature", se sont montrés ce week-end, répondant à des interviews télévisés et manifestant dans plusieurs villes, le visage toujours masqué. Ils étaient ainsi plusieurs centaines à Paris, portant pour la plupart l’ "uniforme" du groupe, costume-cravate noir et masque noir et blanc avec une petite moustache.

La manifestation d'Anonymous :

A Paris, une quarantaine d’entre eux se sont retrouvés devant le siège de l’Eglise de Scientologie, la première cible du mouvement né en 2008 aux Etats-Unis. La secte avait alors tenté de bannir du web une vidéo à usage interne, dans laquelle Tom Cruise, adepte notoire, tenait des propos compromettants sur son organisation.

"The Vicious Man" interviewé

Aujourd’hui encore, l’Eglise de Scientologie "reste notre objectif principal", a expliqué sur Canal + "The Vicious man", un Anonymous français témoignant, ganté, masqué et cagoulé. Parmi les autres cibles des hackers, on dénombre le gouvernement de Ben Ali en Tunisie, celui de Moubarak en Egypte ou encore celui de Kadhafi en Libye, ainsi que le FBI et le ministère américain de la Justice, après la fermeture du site Megaupload.

En revanche, Anonymous décline toute responsabilité dans l’offensive contre le ministère français des Finances et de l’Elysée, fin 2010. "Ce n’est pas nous, on l’aurait revendiqué", a ainsi assuré "The Vicious Man", tout en levant un peu le voile sur les méthodes de ces pirates.

Un réseau sans chef

La méthode est toujours la même : il s’agit d’une "attaque par déni de service" visant à saturer de connexions un site. "Les sites Internet ne sont pas détruits, ils sont tout simplement bloqués", décrypte "The Vicious Man", ajoutant que ce moyen d’action leur permet "une manifestation de grande ampleur", "beaucoup plus médiatisée qu’une manifestation dans la rue".

Il n’y a pas de chef, "cela permet de protéger le réseau". Les cibles sont déterminées collégialement, sur des forums de discussions anonymes. "Chacun donne son idée, essaie de faire réagir les autres et si une idée se détache du lot, les gens décident de la mettre en pratique". Le réseau est en outre très "cloisonné" : "on ne connaît pas plus de trois personnes". D’après "The Vicious Man", le réseau parisien compterait environ 150 personnes.

Il faut dire que ces pirates risquent gros : aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, plusieurs d’entre eux ont été arrêtés. Et jeudi, un Anonymous français a été arrêté, soupçonné d’avoir participé au blocage du site Internet d’EDF en avril et juin 2011. Placé sous contrôle judiciaire et transféré au siège de la Direction centrale du renseignement intérieur à Paris, il nie les faits qui lui sont reprochés.