Anne Dulioust : "il faut faire sortir les détenus malades"

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Anne Dulioust : "il faut faire sortir les détenus malades"
La prison de Fresnes (photo d'illustration)@ MAXPPP
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INTERVIEW E1 - Une médecin de l'hôpital de Fresnes pousse "un cri d'alarme" pour que les détenus malades puissent être entourés des leurs avant de mourir.

Anne Dulioust, médecin de l’hôpital de la prison de Fresnes estime que les procédures pour permettre la libération des détenus gravement malades doit être simplifiée.Selon elle, il faut faire sortir des détenus pour qu'il ne meurt plus en prison.

"Je poussé un cri d'alarme". "Il faut faire sortir les détenus malades, les patients qui ont des maladies très avancées, les patients en fin de vie qui ont des maladies gravissimes, les patients qui vont mourir dans les mois, dans les semaines, parfois même dans les jours qui viennent. C'est pourquoi je poussé un cri d'alarme. J'interpelle la ministre de la Justice, Christiane Taubira, pour qu'on fasse appliquer la loi Kouchner (qui repose sur le fait de libérer un détenu qui est sur le point de mourir, ndlr)", estime-t-elle au micro d'Europe 1.

Écoutez l'interview intégrale d'Anne Dulioust :



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"Pour qu'ils meurent entourés des leurs". Anne Dulioust raconte la longueur des procédures pour permettre la libération des détenus gravement malades. "Je fais des certificats pour qu'ils aillent continuer leurs soins le plus longtemps possible, pour qu'ils meurent entourés des leurs, à l'hopital, à leur domicile. J'écris que le pronostic vital est engagé à court terme. L'état de santé de X nécessite une libération en urgence", commente la médecin.

"Certaines personnes meurent en détention". Mais d'après l'auteur du livre Médecin en prison, encore trop de détenus meurent en prison. "Je fais ce genre de certificat quand le pronostic vital est de l'ordre de quelques jours, quelques semaines. Mais parfois, certaines personnes meurent en détention, parce que ça prend trop de temps", confie-t-elle. Cette mesure est applicable qu'aux personnes définitivement condamnées.
"Il faut savoir libérer les personnes". Enfin, pour la spécialiste, la libération des détenus malades repose sur le principe d'égalité entre les Hommes. "Un homme en prison doit bénéficier des mêmes soins qu'une personne libre. Nous ne sommes pas là pour juger. La personne a été condamnée, elle exécute une peine. Mais quand son état de santé n'est plus compatible avec les conditions d’exécution de la peine, il faut savoir libérer les personnes pour qu'elles puissent être entourées des leurs et mourir", conclut-elle.

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