Angolagate : Pasqua relaxé

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Angolagate : Pasqua relaxé
Condamné à un an de prsion ferme en première instance, Charles Pasqua a été relaxé en appel.@ MAXPPP
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La cour d'appel de Paris n'a pas retenu les faits de trafic d'armes et a allégé toutes les peines.

Les 19 protagonistes de l'Angolagate peuvent souffler. Vendredi, la cour d'appel de Paris a rendu un jugement beaucoup plus indulgent qu'en première instance, dans cette affaire de ventes d’armes à l’Angola. Le tribunal n'a en effet pas retenu les faits de trafic d'armes, considérant que la vente d'armes au centre de toute l'affaire avait été effectuée sur mandat de l'Etat angolais, et a donc considérablement réduit les peines infligées en octobre 2009.

Ainsi, Charles Pasqua a tout bonnement été relaxé. Trois ans de prison avec sursis avaient pourtant été requis à son encontre, et il avait été condamné à trois ans de prison dont un ferme en première instance, en octobre 2009, pour trafic d'influence passif et recel d'abus de biens sociaux dans un volet connexe de cette affaire. La justice reprochait alors à l'ancien ministre de l'Intérieur d'avoir monnayé son intervention en faveur de l'attribution de l'ordre du Mérite à l'homme d'affaires franco-israélien d'origine russe Arcadi Gaydamak, également poursuivi dans ce dossier. "Aujourd'hui, justice est rendue, je suis soulagé mais cela aura des conséquences à terme", a réagi Charles Pasqua après sa relaxe.

Falcone bientôt libre

Le soulagement est aussi de mise pour Pierre Falcone, l'un des deux principaux acteurs de l'affaire. Condamné à six ans de prison en première instance, l'homme d'affaires écope cette fois de 30 mois ferme. La cour a en outre abandonné à son encontre l'accusation de commerce illicite d'armes, considérant qu'il avait agi en qualité de mandataire de l'état angolais. Il reste coupable d'abus de biens sociaux. Ayant déjà purgé la quasi-totalité de cette peine en détention préventive, et la condamnation étant confondue avec une autre prononcée à son encontre dans une autre procédure de fraude fiscale, Pierre Falcone devrait sortir incessamment de prison.

Quant à l'autre principal accusé, le fameux Arcadi Gaydamak, 59 ans, en fuite et donc absent du procès, il a vu sa peine réduite de six ans à trois ans de prison ferme. Six ans de prison avaient pourtant été requis à l'encontre de ces deux accusés.

Une vente à 532 millions d'euros

Pierre Falcone, qui comme durant les sept semaines d'audience avait pris place au côté des autres prévenus au premier rang dans les locaux très solennels de la première chambre de la cour d'appel, est considéré avec Arcadi Gatdamak comme le maître d'oeuvre d'une vente d'équipements militaires à l'Angola dans les années 1990, pour un montant de 790 millions de dollars (532 millions d'euros) gagés sur les recettes futures du pétrole de ce pays d'Afrique australe alors en guerre civile. Pour l'accusation, cette vente était illicite, alors que la défense soutient qu'elle était légale.

L'Angola, aujourd'hui puissance pétrolière majeure en Afrique, voyait ce procès comme une violation de sa souveraineté et a fait de Pierre Falcone son ambassadeur à l'Unesco en 2003, pour tenter - en vain - de lui conférer une immunité

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