Amende avec sursis pour Besancenot

  • A
  • A
Amende avec sursis pour Besancenot
Selon Olivier Besancenot, ce jugement est "un signal fort", "n'importe quelle occupation pourra être transformée et maquillée en séquestration".@ MAXPPP
Partagez sur :

L'ex-leader du NPA et dix autres postiers ont été condamnés lundi pour séquestration.

Lors du procès, en juin dernier, Olivier Besancenot avait récusé les accusations de séquestration. Mais le tribunal correctionnel de Nanterre en a décidé autrement lundi. L'ex porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et dix autres postiers ont été condamnés à une amende de 1.500 euros avec sursis pour avoir séquestré des cadres de La Poste lors d'une occupation des locaux de l'entreprise à Nanterre en mai 2010.

Les postiers font appel

Les magistrats de la 17e chambre ont également condamné les onze postiers à payer 500 euros de dommages et intérêts chacun aux parties civiles et 150 euros pour frais de justice. Le tribunal a en revanche relaxé quatre des prévenus et prononcé une relaxe générale pour le délit d'"entrave à la liberté du travail".

Il y a un peu plus d'un an, treize employés de La Poste, majoritairement des cadres travaillant à la gestion des ressources humaines, avaient traduit les postiers devant le tribunal, les accusant de les avoir séquestrés pendant plus de deux heures lors du conflit contre le projet "Facteurs d'avenir". Les militants avaient fait le pied de grue devant le sas d'accès aux bureaux de la direction départementale des Hauts-de-Seine, bloquant de fait les allées et venues des cadres.

Les 11 postiers ont par ailleurs annoncé lundi leur intention de faire appel et vont faire appel, ont annoncé leurs avocats.

 

"Deux poids deux mesures" en France

Déplorant une "décision (...) difficilement compréhensible", l'avocat des postiers Antoine Comte, a dénoncé "un dossier où il n'y a absolument aucune preuve".

De son côté, Olivier Besancenot, a regretté qu'il y ait "deux poids deux mesures dans ce pays" en matière de justice. "On vit dans un pays où des hommes d'affaires et des hommes d'Etat peuvent se soustraire aux lois et à la justice", a-t-il lancé en citant le règlement de l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais et Jacques Chirac, dont le procès s'est ouvert lundi et qui ne devrait pas y assister pour des raisons médicales.

Et l'ancien leader trotskyste n'entend pas en rester là. "La rentrée sociale commence en partie ici", a-t-il prévenu devant le tribunal après l'énoncé du jugement, entouré d'une centaine de militants syndicaux. Soulignant qu'avec ce jugement, "n'importe quelle occupation pourra être transformée en séquestration", Olivier Besancenot a averti que l'activité syndicale des postiers "continuerait". "On nous a présentés comme des preneurs d'otages et des lâches. J'ai soutenu des séquestrations et je n'ai pas l'habitude de me cacher derrière mon petit doigt", a-t-il dit.

Le facteur de Neuilly a aussi lancé un appel à l'unité syndicale en cette  rentrée, "pour une riposte à la hauteur des enjeux".