Albany renonce à fermer Saint-Junien

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Albany renonce à fermer Saint-Junien
L'usine Albany de Saint-Junien était menacée de fermeture.@ MAXPPP
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La direction du site a laissé tomber son projet, qui avait provoqué la bronca du monde politique.

Les propriétaires de l’usine ont fait marche arrière. La direction de l’usine Albany-Cofpa de Saint-Junien, en Haute-Vienne, ont indiqué jeudi avoir abandonné leur projet de fermeture immédiate, au premier trimestre 2012. L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion avec les représentants des 133 salariés de l’usine. Le projet de fermeture n’est "plus du tout d’actualité", a assuré Daniel Haltftermeyer, président d'Albany France, regrettant des "décisions malencontreuses", "pas très bien expliquées et mal comprises".

"La direction souhaite que la production reprenne pleinement à Saint-Junien et entend rétablir un dialogue ouvert, franc et loyal avec ses salariés et leurs représentants", avait pour sa part indiqué un peu plus tôt la préfecture du Limousin.

Une explosion de joie

L’annonce de la nouvelle par les représentants syndicaux a provoqué une véritable explosion de joie devant la préfecture de Limoges, où s’étaient rassemblés des dizaines de salariés. Certains en ont même pleuré d’émotion.

"Nous sommes tout à fait satisfaits mais nous restons vigilants : nous sommes 133 sur le site et nous voulons rester 133", a réagi Christophe Sardin, délégué CGT. Le représentant FO, Roger Villégé, a pour sa part estimé qu'il fallait "se remettre à la table des négociations" pour obtenir "des réponses claires et définitives sur la pérennisation du site sur le long terme et sur l'ensemble des emplois".

Les machines cadenassées

Le 23 févier, la fermeture de l’usine de Saint-Junien, qui fabrique des tissus techniques, utilisés notamment dans des usines de papier, avait été annoncée soudainement à Sélestat, dans le Bas-Rhin, au siège d’Albany France, qui appartient au groupe américain Albany International.

Depuis, le site était à l’arrêt. Les employés qui occupaient le site avaient alors constaté que la direction avait cadenassé les machines.La fermeture devait avoir lieu au premier trimestre 2012. D’après les syndicats, le groupe n’avait pas consulté les salariés, comme il en a l’obligation.

"Voleurs" et "voyous"

Cette annonce faite en pleine campagne présidentielle avait provoqué une levée de boucliers dans la classe politique. Arnaud Montebourg, Olivier Besancenot et Eva Joly se sont ainsi succédés sur le site ces dernières semaines. Jeudi, Pierre Laurent, numéro un du PC, a traité les dirigeants d’Albany de "voleurs" et de "voyous".

Le groupe, de son côté, avait invoqué une "détérioration de la conjoncture" et la volonté de concentrer sa production à Sélestat, plus proche de l’Allemagne, l’un de ses principaux marchés. Une explication irrecevable pour les syndicats. D’après un représentant de la CGT, le site de Saint-Junien affiche "22% de rentabilité en 2010, avec 21 millions d’euros de chiffre d’affaires […], 4,6 millions d’euros de bénéfices" et des carnets de commandes remplis.