Agnès Marin : son père veut un procès "public"

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Agnès Marin : son père veut un procès "public"
Frédéric Marin, le père d'Agnès tuée au Chambon-sur-Lignon, craint qu'"un voile pudique soit jeté" lors du procès du meurtrier de sa fille.@ Groupe de soutien Facebook
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INTERVIEW E1 - Frédéric Marin craint qu'"un voile pudique" n'estompe le procès du meurtrier de sa fille.

La phrase. "Je redoute l'opacité". A la veille de l'ouverture du procès de Mathieu, le jeune homme soupçonné d'avoir violé et tué Agnès Marin au Chambon-sur-Lignon en novembre 2011, le père de l'adolescente s'est confié à Europe 1. Frédéric Marin souhaite avant tout que le procès qui se déroulera devant la cour d'assises des mineurs de Haute-Loire ne se tienne pas à huis-clos.

"Il y a moins de deux ans, j'avais une fille de 13 ans, qui était pétulante de vie, qui n'avait aucun problème dans la vie, si ce n'est de grandir", rappelle Frédéric Marin. Sa fille, Agnès, a été violée puis poignardée et brûlée, en novembre 2011, par un lycéen de 17 ans déjà condamné pour un viol. A l'époque, le directeur de l'établissement privé dans lequel étaient scolarisés Agnès et Mathieu avait assuré ne pas être au courant du passé judiciaire de l'adolescent.

"Je demande que les 15 jours de procès soient publics" :

"Ne pas jeter l'anathème". "Il n'est pas de mon ressort, et je m'en garderais bien, de jeter l'anathème sur untel ou untel. Je constate avec tristesse combien, depuis un an et demi, tout le monde, tous les acteurs des institutions judiciaires ou du ressort de l'Education Nationale, se sont succédé pour exprimer, je ne dirais pas leur satisfaction, mais le constat que tout avait été fait normalement", a dénoncé Frédéric Marin.

Frédéric Marin souhaite désormais que Mathieu soit jugé comme un adulte. Il "avait 18 ans moins deux mois au moment des faits, il est donc mineur juridiquement, mais il a tué (...) comme un adulte, en plein jour, de sang froid. (...) Je demande que les 15 jours de procès soient publics, c'est la meilleure transparence pour savoir s'il y a eu des dysfonctionnements", a-t-il plaidé sur Europe 1.

"Tirer les conséquences pour l'avenir". "Je redoute l'opacité, la tentation de jeter un voile pudique sur des choses qui sont horribles, pour des raisons de bien-séance et de morale. J'ai peur que l'intérêt collectif soit d'en faire le moins possible", craint encore le père d'Agnès. "[Je voudrais] savoir qui a fait quoi, pourquoi et que nous soyons capables, tous collectivement, d'en tirer les conséquences pour l'avenir", ajoute-t-il.

"Je n'ai pas ouvert le dossier, je veux être aussi vierge de toute émotion, si possible, que les jurés qui seront là pour juger Matthieu", a confié Frédéric Marin. "Je n'ai même pas pu voir ma fille. Mon dernier souvenir, c'est quand je l'ai mise dans le train. J'ai simplement vu les larmes du gendarme qui l'a trouvée, qui n'a pas supporté... Tout ça n'aura aucun sens si on n'est pas capable d'en tirer des leçons", a-t-il conclu.