Agnès : la polémique enfle

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Agnès : la polémique enfle
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La direction du collège cévénol a affirmé qu'elle ne connaissait pas le passé du meurtrier présumé.

"Nous sommes à la fois sidérés et indignés". Dimanche après-midi, la direction du collège-lycée cévenol du Chambon-sur-Lignon, où étaient scolarisés Agnès et Mathieu, son meurtrier présumé, s'est défendue d'avoir eu connaissance du passé du lycéen de 17 ans. Pour la mère de la victime, le drame pouvait néanmoins "être évité".

"Les adultes pouvaient être plus vigilants"

Interrogé dimanche sur Europe 1, la mère de la victime a affirmé que la situation est "très difficile" à vivre, "absurde". "Si ce gars est malade, on ne peut rien faire mais les adultes (psychologues, encadrants) pouvaient être plus vigilants. Nous chercherons plus tard à voir les responsabilités. Pour le moment, nous souhaitons faire notre deuil" a-t-elle déclaré.

La mère d'Agnès regrette le manque de vigilance des psychologues et encadrants :

 

Un peu plus tôt, sur BFM TV, elle avait indiqué que "les administrateurs du collège étaient au courant du passé" du meurtrier présumé mais qu'ils "se sont fiés aux jugements des spécialistes". Ces derniers pensaient le meurtrier présumé "réinsérable". "C'est léger d'avoir laissé les filles se balader dans les bois avec quelqu'un au passé de violeur. Nous, nous vivons avec ce chagrin pour tout le reste de notre vie".

Le garde des Sceaux ordonne une enquête

Pour "savoir s'il y avait eu défaillance ou non" dans le suivi judiciaire du présumé assassin, le garde des Sceaux, Michel Mercier, a ordonné dimanche l'ouverture d'une enquête. Il réunira lundi les parquets généraux de Nîmes et Riom.

Une réunion se tiendra également lundi à 16h30 à Matignon. Autour de François Fillon seront réunis le garde des Sceaux, Michel Mercier, le ministre de l'Education, Luc Chatel et le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant.

"Nous n'avons pas à nous immiscer"

Lors d'une conférence de presse qui a duré plus d'une heure, l'un des quatre dirigeants du collège a expliqué : "nous avons découvert en même temps que la famille d'Agnès, en même temps que les élèves et leurs familles l'effroyable vérité".

Les administrateurs du collège ont justifié l'inscription du jeune lycéen de 17 ans par "l'humanisme" de leur établissement. La direction a admis avoir été au courant que Mathieu avait été incarcéré quatre mois en 2010, affirmant cependant ne pas en connaître le motif. "Nous n'avons pas à nous immiscer", a indiqué Albert Munoz, administrateur du collège-lycée cévenol.

"Si la justice dit que ce jeune est réinsérable (...), c'est notre mission que de pouvoir l'accueillir", a ajouté Philip Bauwens, directeur du collège-lycée, précisant n'avoir pas été "informé d'obligation d'un suivi judiciaire, ni d'obligation d'un suivi thérapeutique".

Jean-Michel Hieaux, vice-président de l'établissement privé, s'est dit "sidéré que, par inconséquence et irresponsabilité, un système puisse permettre à un jeune particulièrement violent d'être accueilli dans un internat mixte, ouvert, en pleine nature". Il a réitéré ses propos : "nous ne sommes pas un établissement de rééducation et si nous avions su, nous n'aurions pas accepté" son inscription. "Nous sommes incompétents pour imaginer la dangerosité d'un jeune", a-t-il encore ajouté.

"Il est urgent d'agir"

La direction de l'établissement a toutefois refusé de rejeter la faute sur la justice, préférant ouvrir le débat pour développer la notion de "secret partagé". "Chaque institution dans son coin a fait un certain nombre de choses, mais aucune liaison entre les différentes institutions", a souligné l'un des quatre responsables présents.

"Il est urgent d'agir pour transformer le fonctionnement d'un système qui peut faillir aussi gravement. Dès demain, le collège mènera une action vigoureuse pour que le plus vite possible soit créé dans chaque département un lien étroit et permanent entre les autorités judiciaires, sanitaires, la gendarmerie et l'Education nationale.", a poursuivi la direction lors de cette conférence de presse. "C'est maintenant un projet de l'établissement d'être un pilote" dans ce dossier.

"Nous ne voulons pas qu'il y ait une autre Agnès, nous ne voulons pas qu'un autre établissement, où que ce soit en France, ait à subir ces mêmes dégâts", a conclu la direction.