Affaire Villiers : le non-lieu annulé

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Affaire Villiers : le non-lieu annulé
Laurent de Villiers n'aura plus de recours si la Cour de cassation rejette son pourvoi.@ MAXPPP
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Le non-lieu dont a bénéficié Guillaume de Villiers, que son frère accuse de viol, a été cassé mercredi.

Le parcours judiciaire de Laurent de Villiers n'est pas terminé. Au grand soulagement de l'un des fils de l'eurodéputé Philippe de Villiers, la Cour de cassation a en effet annulé mercredi le non-lieu prononcé en faveur de son frère aîné, Guillaume, qu'il accuse de l'avoir violé.

"Il est fort regrettable que l'écho inhabituel donné au livre de Laurent de Villiers", l'ouvrage récent Tais-toi et pardonne, "puisse laisser penser qu'a été exercée sur la justice une pression médiatique, en l'espèce couronnée de succès", a déploré dans un communiqué Me Alexandre Varaut, l'avocat de Guillaume de Villiers.

La décision de la Cour de cassation est une nouvelle épreuve sur le chemin vers la justice de Guillaume de Villiers", concède Me Varaut. Mais "les magistrats de la chambre criminelle ont critiqué la forme de l'arrêt et non pas le sens même de la décision puisqu'ils n'ont pas à examiner le dossier", relève l'avocat.

"Aller jusqu’au bout du chemin"

Il y a cinq ans, Laurent de Villiers a déposé plainte pour "viols" contre son frère aîné pour des faits qui se seraient déroulés durant son enfance. Mais en juin 2007, il avait souhaité retirer sa plainte, croyant à une conciliation familiale, avant de réitérer ses accusations en novembre 2008.

En mai 2010, un juge d'instruction versaillais avait renvoyé Guillaume de Villiers devant les assises pour répondre de ces viols, qu'il aurait commis entre décembre 1995 et janvier 1996. Mais l'aîné de Villiers, ainsi que le parquet de Versailles, avaient fait appel de cette ordonnance, et le 17 décembre 2010, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles avait estimé qu'il n'existait "pas de charges suffisantes" à l'encontre de Guillaume de Villiers et avait prononcé un non-lieu en sa faveur.

Laurent de Villiers s'était alors pourvu en cassation afin, avait expliqué son avocat Jean-Marc Fedida, d'"aller jusqu'au bout du chemin qu'il a entrepris il y a quatre ans, chemin qui a été plein de difficultés, plein d'embûches". Il "est résolu, combatif et il ne peut pas imaginer un seul instant que son statut de victime ne soit pas un jour entièrement et complètement reconnu dans la violence de ce qu'il dit avoir vécu", avait assuré l’avocat de celui qui vit désormais aux Etats-Unis avec femme et enfant, et qui souhaite changer de nom pour repartir de zéro.

Guillaume de Villiers devant les assises ?

La chambre criminelle de la Cour de cassation ayant cassé le non-lieu, la cour d'appel de Lyon devra désormais déterminer si Guillaume de Villiers doit ou non être renvoyé devant les assises.

Début novembre, alors que Laurent de Villiers avait sorti un livre, Tais-toi et pardonne, sur l’affaire, Me Alexandre Varaut, s'était indigné dans un communiqué de ce qu'il avait appelé "la tournée de promotion" de Laurent de Villiers.

"Le mensonge ayant échoué devant la justice, il essaie maintenant de le faire prospérer devant un tribunal médiatique moins bien armé pour le déjouer", avait affirmé le conseil. Selon lui, l'ouvrage serait "à 80% la reprise d'un livre écrit en 2006 sous la plume d'un salarié de l'éditeur Robert Laffont et que ce dernier avait renoncé à publier, le jugeant diffamatoire". Pour Me Varaut, cette "exhumation" n'a qu'un but : "faire pression sur la justice".