Affaire Typhaine : "je veux comprendre"

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Affaire Typhaine : "je veux comprendre"
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TÉMOIGNAGE E1 - Le père de la fillette morte en 2009 attend beaucoup du procès de son ex-concubine.

Une punition qui a mal tourné. C'est la seule explication donnée par Anne-Sophie Faucheur, pour justifier la mort de Typhaine, sa fille de 5 ans. En juin 2009, cette mère avait montré son désarroi devant les journalistes en lançant un appel à témoins pour retrouver sa fille. Après les aveux de Nicolas Willot, le beau-père de la fillette, il s'est avéré que Typhaine avait été tuée par sa mère et enterrée dans une forêt en Belgique.

A partir de lundi, Anne-Sophie Faucheur et son compagnon sont jugés devant la cour d’assises du Nord pour homicide volontaire. François Taton, le père de la fillette, compte beaucoup sur ce procès pour "comprendre pourquoi (sa) fille est morte".

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"Cacher ça, c'est vraiment grave". "Je ne pensais qu'elle puisse mentir autant que ça, à autant de monde, même aux policiers, aux journalistes, à tout le monde. Cacher quelque chose comme ça, c'est vraiment grave", commente-t-il ému au micro d'Europe 1. Anne-Sophie Faucheur avait en effet expliqué devant les médias et les enquêteurs que sa fille Typhaine avait disparu le 18 juin 2009 alors qu’elle marchait une cinquantaine de mètres devant elle dans le centre-ville de Maubeuge.

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© Reuters

Avec son compagnon, Nicolas Willot, le beau-père de Typhaine, la jeune femme avait lancé, les larmes aux yeux, un vibrant appel à témoins une semaine plus tard. "Le moral est à zéro. On se sent vides, impuissants", avait-elle alors témoigné, des sanglots dans la voix. Avant d’ajouter : "On ne sait rien sauf que Typhaine nous manque et que ça, on en est sûrs, elle va être retrouvée".

"Jamais je n'aurais pensé qu'une mère fasse ça". Six mois après la disparition de Typhaine, la mère et son concubin avaient finalement reconnu la mort de l’enfant, à l’issue d’un long calvaire. Selon leurs dires, la fillette serait décédée le 10 juin, soit dix jours avant le signalement de sa disparition, après une punition qui aurait mal tourné. "Jamais je n'aurais pensé qu'une mère puisse faire ça à son enfant", confie François Taton.

Typhaine était en effet le "souffre-douleur" de la famille. Lors de leurs auditions, Anne-Sophie Faucheur et son compagnon avaient reconnu des années de sévices en tout genre. Les parents maltraitaient la fillette en la frappant ou en l’enfermant dans une cave, jusqu'à franchir le point de non-retour, le soir du 10 juin.

"Ils ont mis Typhaine sous une douche froide après qu'elle ait chuté dans les escaliers. La petite a fait un malaise", détaille sur source proche du dossier, citée par Le Figaro. Après avoir tenté de la réanimer en vain, la petite est morte quelques minutes plus tard dans la salle de bain. Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot risquent la réclusion criminelle à perpétuité.