Affaire Mougel : "un psy, ce n'est pas madame Irma"

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Affaire Mougel : "un psy, ce n'est pas madame Irma"
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La question de la récidive reste centrale au troisième jour du procès du meurtrier présumé de la joggeuse. Jeudi, les experts psychiatres se sont succédés à la barre.

RÉCIDIVE.  Peut-on vraiment prévenir la récidive ? C'est la question centrale du procès aux assises d'Alain Penin. Le meurtrier présumé de la joggeuse Natacha Mougel en 2010 est jugé depuis lundi à Douai, dans le Nord. Les experts psychiatres ont défilé à la barre mercredi pour tenter d'expliquer comment on a pu relâcher l'accusé en 2009, déjà condamné pour une première agression commise en 2004. Parmi eux,  Daniel Zagury, éminent expert psychiatre, chef de service au centre de psychiatrie du Bois-de-Bondy, a tenté d'expliquer la complexité de sa fonction.

Impossible de tout prévoir. Pour le docteur Daniel Zagury, il y a deux choses qu'un expert psychiatre ne peut jamais dire : "il va récidiver" et "il ne va pas récidiver". En clair, le psychiatre de renom tente d'expliquer tout n'est pas prévisible. Et à plus forte raison dans le cas d'Alain Penin.



L'homme dispose en effet d'une capacité particulière à dissimuler à ses interlocuteurs ses obsessions profondes d'agressions sexuelles. En d'autres termes, Penin peut être suivi autant de fois que possible mais s'il ne se livre pas, on ne peut pas entrer dans sa tête et encore moins pronostiquer le futur.

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"Un psy ce n'est pas madame Irma".  Les experts, éducateurs et magistrats qui ont pris la décision de le remettre en liberté ne doivent pas être pointés du doigt, estime l'expert.



"Un psy ce n'est pas madame Irma", ajoute Daniel Zagury.



Alain Penin est-il toujours dangereux ? "Oui, bien-sûr", répond le psychiatre, sauf qu'il reste impossible de connaitre son évolution possible sur dix à quinze ans. Pour les proches de Natacha Mougel, il n'y a donc qu'une seule solution : mettre Alain Penin le plus longtemps possible à l'écart de la société. C'est exactement ce que vont demander leurs avocats jeudi, lors de leurs plaidoiries.

"Il n'est pas maître de son comportement". La défense d'Alain Penin, reconnaît qu'il souffre d'un véritable clivage de sa personnalité. Selon Me Abderrahmane Hammouch, son client "n'était pas lui-même au moment du drame". "Il a ce clivage. Il a cette personnalité clivée. Et lorsque qu'il y a ce déchainement de violence extrême, il n'est pas maître de son comportement. Quand Alain Penin explique qu'il a perdu les pédales, il y a toutes les raisons de la croire", insiste l'avocat, interrogé par Europe 1.

"Regarder l'infraction comme si elle était extérieure à lui". Un comportement qui explique le détachement de l'accusé face au drame. "Je pense que l'expertise psychiatrique qui a été réalisée va fournir un certain nombre d'explications intéressantes sur ce caractère d'Alain Penin de regarder l'infraction comme si elle était extérieure à lui, et d'avoir cette espèce de détachement, qui peut frapper l'interlocuteur lambda", commente l'avocat.

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