Affaire Merah : le point sur l'enquête

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Affaire Merah : le point sur l'enquête
L'enquête essaye d'éclaircir les zones d'ombre.
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Quatre jours après la mort de Mohamed Merah, les enquêteurs cherchent une éventuelle complicité.

Mohamed Merah mort, l'enquête s'oriente désormais vers son frère, Abdelkader. Mis en examen et écroué dimanche, l'aîné de l'auteur présumé des tueries était toujours en prison lundi matin, mais plusieurs zones d'ombre demeurent. Les enquêteurs tâchent donc de déterminer qui a pu aider Mohamed Merah, sciemment ou non, et ce qui l'a amené à réaliser les sept meurtres en moins de huit jours dans la région de Toulouse et Montauban.  Europe1.fr fait le point sur l'enquête.

Abdelkader Merah en prison. Le frère aîné de Mohamed Merah a été écroué dimanche. Il vient de passer sa première nuit en prison, à priori à l'isolement, pour éviter toutes représailles. Néanmoins, son rôle reste flou. Contrairement à ce qui avait été relayé par les médias, son avocate a réfuté sa "fierté" à l'égard des actes de son frère, qu'il a même condamnés.

Rien contre Abdelkader Merah. Les enquêteurs n'ont rien trouvé de compromettant sur le frère aîné de Mohamed Merah, qui réfute toute complicité. Il nie avoir été au courant des funestes projets de son frère. Et hormis sa présence sur les lieux du vol du scooter, ni armes, ni explosifs, ni rien dans son ordinateur n'ont été retrouvés. Son téléphone portable n'avait d'ailleurs finalement pas été localisé à proximité immédiate de l'école juive, le matin de la tuerie.

Mise sur écoute refusée. D'après Le Figaro, la DCRI avait demandé l'autorisation de le placer sur écoute, quelques mois avant le drame. Mais la requête avait été refusée par la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS) au prétexte que les frères Merah n'étaient, à l'époque, pas considérées comme "cibles prioritaires".

Quelle aide logistique? Les enquêteurs se penchent aussi sur la question de l'approvisionnement de Mohamed Merah. Abdelkader est soupçonné de l'avoir aidé "logistiquement". Les policiers cherchent en effet à comprendre comment le jeune homme, qui ne gagnait que le RSA, a-t-il pu louer deux voitures et s'acheter des armes pour quelque 20.000 euros, comme il l'a affirmé aux hommes du Raid, pendant l'assaut.

Pas d'images sur Internet. Les vidéos des tueries n'ont pas encore fuité sur la Toile mais un montage de 25 minutes a été envoyé par courrier la veille de l'assaut au siège français d'Al Jazeera. Cette dernière a confirmé lundi les avoir, avant que la police ne vienne les saisir puis les authentifier. Mohamed Merah avait annoncé leur prochaine mise en ligne aux hommes du Raid pendant l'assaut. Cependant, bien que prêtes et formatées, les images n'ont à priori pas été aperçues sur Internet.

Mohamed Merah venait de divorcer. Enfin, les enquêteurs ont révélé que Mohamed Merah avait épousé sa petite amie religieusement le 15 décembre dernier. Le couple avait néanmoins divorcé deux jours avant l'assaut final du Raid. Les enquêteurs cherchent une éventuelle complicité dans l'entourage du jeune homme. Ils vont ainsi filtrer toutes ses fréquentations, depuis son retour du Pakistan en novembre dernier, à l'instar de ses copains de foot, qu'il ne voyait plus depuis deux mois.