Affaire Merah : la justice veut les vidéos

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Affaire Merah : la justice veut les vidéos
Dans ces enregistrements de quinze et vingt minutes filmés avec son iPhone et envoyés à son père, Merah aurait fait part de cette "manipulation" présumée.@ MAXPPP
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Mohamed Merah aurait affirmé avoir été manipulé par les services de renseignements.

La justice cherche toujours à éclaircir les liens éventuels entre Mohamed Merah et les services de renseignements. Pour cela, le parquet de Paris a annoncé mardi avoir demandé au plaignant les enregistrements vidéo, cités dans la plainte pour meurtre déposée par le père de Mohamed Merah et qui vise implicitement la police française.

Selon une transcription de ces vidéos publiée mardi sur le site du journal algérien Echorouk, le "tueur au scooter" aurait affirmé avoir découvert, durant le siège de son appartement, qu'un homme qu'il croyait être son ami était en fait un agent des services français qui l'aurait manipulé.

Un document dont la véracité est contesté par une source contactée par Europe 1 à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

"Tu m'as envoyé en Irak, au Pakistan, en Syrie"

assaut, raid, toulouse

© REUTERS

Dans ces enregistrements de quinze et vingt minutes filmés avec son iPhone et envoyés à son père, Merah aurait fait part de cette "manipulation" présumée. "Je suis innocent. Je découvre que mon meilleur ami Zouheir travaille pour les services secrets français", aurait-il affirmé dans cette vidéo-testament.

Ce "Zouheir", selon le journal algérien, faisait partie de l'équipe qui tentait alors de négocier la reddition de Mohamed Merah alors qu'il était retranché dans son appartement à Toulouse, cerné par les forces de sécurité, après avoir assassiné trois militaires français et quatre personnes, dont trois enfants, dans une école juive.

"Tu m'as envoyé en Irak, au Pakistan et en Syrie pour aider les musulmans. Et tu te révèles finalement un criminel et un capitaine des services français. J'aurais jamais cru ça", lance Merah à l'adresse de "Zouheir". "Va en enfer espèce de traître", ajoute-t-il. "Vous allez me tuer sans aucune raison. C'est vous qui m'avez entraîné dans cette situation. Je ne te pardonnerai jamais".

"C'est bidon complet", rétorque à Europe 1, sous couvert d'anonymat, un haut responsable de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) qui assure que Mohamed Merah n'a jamais été "traité" ni par la DCRI, ni par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Il s'étonne donc que ces vidéos, si elles existent, ne soient pas sorties "avant" dans la presse. Par ailleurs, toutes les négociations à Toulouse entre Mohamed Merah et les services de police ont été enregistrées et retranscrites pour être versées "en totalité" dans la procédure judiciaire, ajoute-t-il.

Une transcription "identique"

avocates Mokhtari and Coutant-Peyre 930

© Max PPP

A Alger, l'avocate Zahia Mokhtari, qui a toujours évoqué l'existence de deux vidéos en possession du père de Mohamed Merah, a déclaré que le journal algérien avait "publié la transcription des vidéos faite par des juristes", sans plus de précisions quant à leur origine. Me Mokhtari affirmait que les vidéos en possession de la famille apportent la preuve de "la liquidation" de Mohamed Merah.

L'avocate française, Isabelle Coutant-Peyre, qui assiste l'avocate algérienne de la famille Merah, a confirmé, quant à elle, la substance du contenu des documents. "Je confirme que, mis à part le choix des mots par le traducteur, (cette transcription) est identique" à celle dont elle dit avoir eu connaissance, a déclaré Me Coutant-Peyre. Elle avait d'ailleurs précisé lundi que ces vidéos seraient "mises à disposition des autorités quand elles en feront la requête".