Affaire Le Couviour : mortel héritage ?

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Affaire Le Couviour : mortel héritage ?
Josiane Le Couviour encourt 20 ans de prison.@ MAXPPP
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Le parquet a requis 20 ans contre Josiane Le Couviour, soupçonnée d'avoir fait tuer sa belle-mère.

Le verdict est attendu samedi, mais le parquet a d'ores et déjà requis 20 ans de réclusion criminelle à l'encontre de Josiane Le Couviour. Cette sexagénaire est jugée pour avoir commandité l'assassinat de sa belle-mère, en 2009, sur fond de bataille d'héritage dans une riche famille d'industriels bretons.

L'avocat général, Christine Le Crom, a requis la même peine de 20 ans pour Wenceslas Le Cerf, le principal homme de main présumé, et 10 ans pour son acolyte, Gwénolé Madé ainsi que pour Loïc Dugué, qui aurait joué l'intermédiaire. Selon le parquet, aucun doute ne pèse sur l'hypothèse de l'assassinat. Europe1.fr revient sur le déroulement de cette affaire de famille digne d'un roman policier.

Acte I – Le drame. Tout commence en 2009. Dans la nuit du 9 au 10 avril, vers trois heures du matin, Eugène et Annette Le Couviour, âgés respectivement de 90 et 75 ans, sont réveillés par deux cambrioleurs. Les deux retraités se retrouvent ligotés et bâillonnés dans leur propriété, à Grand-Champ, près de Vannes, dans le Morbihan. Après le départ des malfrats, le nonagénaire parvient à se libérer. Mais, quand il porte secours à sa femme, celle-ci est déjà morte, étouffée par du ruban adhésif.

Acte II – Les hommes de main. Les enquêteurs pensent d'abord à un cambriolage qui aurait mal tourné. Mais, trois jours plus tard, un témoignage les met sur la piste d'une affaire criminelle plus complexe. Deux hommes sont alors interpellés : Wenceslas Le Cerf, un conducteur d'engin de 36 ans, et Guénolé Madé, un chômeur de 26 ans. Rapidement, le premier avoue avoir été missionné pour assassiner la septuagénaire.

Acte III – Le cerveau. Dans la foulée de ces aveux, les enquêteurs appréhendent Josianne Le Couviour, 62 ans, la belle-fille de la victime, soupçonnée d'avoir commandité le crime. Ils arrêtent également son jardinier, Loïc Dugué, qui aurait été chargé de recruter les hommes de main. Josiane le Couviour est placée en détention provisoire. Elle est remise en liberté, sous strict contrôle judiciaire, l'été dernier, soit 28 mois plus tard. En septembre 2011, la justice décide de la renvoyer devant les assises du Morbihan.

Acte IV – Le procès. Le procès aux assises s'ouvre à Vannes, le 25 mai dernier. Pour Josiane Le Couviour, ce drame est un "accident". Elle assure avoir seulement voulu faire voler, pour 20.000 euros, des documents prouvant qu'Annette entendait déposséder de leur héritage les trois enfants d'Eugène Le Couviour. "Vous n'avez pas la moindre preuve des intentions de Josiane Le Couviour de tuer Annette Le Couviour", a insisté Me Thierry Fillion, avocat de l'accusée, à l'attention des jurés. "Le portrait cupide dressé par Maître Dupond-Moretti (avocat de la famille d'Annette, partie civile) n'est pas celui de Josiane Le Couviour. Elle s'en contrefiche de l'argent.",

Mais pour l'accusation, Josiane Le Couviour, mariée à un fils issu d'un premier mariage d'Eugène le Couviour, aurait bien planifié l'assassinat par crainte que la seconde épouse, Annette, ne capte l'héritage au profit de ses propres enfants, eux aussi issus d'un premier mariage.

Les témoins se suivent dans ce procès d'une froideur inhabituelle. Le jardinier tremble, le chauffeur s'emporte, l'accusée semble au-dessus de tout, aux côtés de son mari, golfeur au teint hâlé.  

Acte V – Le verdict devrait être rendu samedi 2 juin.