Affaire Dassault : le maire de Corbeil-Essonnes mis en examen

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Affaire Dassault : le maire de Corbeil-Essonnes mis en examen
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JUSTICE - Jean-Pierre Bechter (UMP) a été mis en examen pour des soupçons d'achat de votes à Corbeil-Essonnes.

L'info. Après l'ancien maire de Corbeil-Essonnes, c'est au tour de l'actuel d'être inquiété par la justice. Jean-Pierre Bechter a été mis en examen vendredi par les juges enquêtant sur les soupçons d'achat de votes, dans cette commune de l'Essonne, a indiqué une source judiciaire.

Cristela de Oliveira, adjointe au maire, et Younès Bounouara, présenté comme un relais de l'industriel et sénateur UMP Serge Dassault dans les quartiers sensibles de Corbeil-Essonnes, ont également été mis en examen par les deux juges. Il s'agit des premières mises en examen dans le cadre de cette affaire.

Les raisons des mises en examen. Jean-Pierre Bechter est soupçonné de recel du produit d'infractions d'achats de votes, financement illicite de campagnes électorales, acceptation de dons, dépassement du plafond des dépenses électorales. Younès Bounouara a été mis en examen pour complicité et recel d'achats de votes, complicité et recel de financement illicite de campagnes électorales, blanchiment de fraude fiscale, blanchiment. Cristela de Oliveira, a, quant à elle, été mise en examen pour complicité d'achats de votes, complicité et recel de financement illicite de campagnes électorales, blanchiment de fraude fiscale, blanchiment, infraction aux règles du code électoral sur l'acceptation des fonds.

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Un système frauduleux. Les enquêteurs cherchent à décortiquer le système frauduleux prétendument mis en place à Corbeil-Essonnes par Serge Dassault. Et l'affaire, qui a commencé avec des enveloppes d'argent liquide et des chèques qui avaient été distribués aux jeunes en échange de la promesse de leur vote, a pris une autre dimension. Les soupçons de la justice vont désormais au-delà de ces exemples rapportés par des témoins.

serge dassault

© Reuters

Trois millions d'euros en chèques. Sa "générosité", comme dit Serge Dassault, a fini par attirer l'attention de Tracfin, la cellule anti-blanchiment du ministère des Finances. Les juges ont ainsi retrouvé la trace d'une dizaine de chèques pour un montant total de trois millions d'euros. Ces sommes auraient été versées à deux intermédiaires sur des comptes à l'étranger, ouverts au nom de leurs proches.
De l'argent non déclaré. Officiellement, il s'agit de dons, qui ont d'ailleurs été actés chez le notaire de Serge Dassault. Problème : personne n'a jamais déclaré cet argent au fisc et les actes notariés auraient été rédigés bien plus tard. Quant à ces millions, ils n'auraient finalement pas été reversés aux électeurs mais gardés par les intermédiaires. D'où les règlements de comptes qui ont suivi à Corbeil-Essonnes.
Dassault prêt à s'expliquer. Serge Dassault, de son côté, se dit victime de racket. Il pourrait s'en expliquer devant les juges d'instruction. Le sénateur a d'ailleurs affirmé dans une tribune dans Le Figaro se tenir "à la disponibilité immédiate de la justice".

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