Affaire Censier : "rien ne m'apaisera"

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Affaire Censier : "rien ne m'apaisera"
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Le père de Jérémy attend beaucoup du procès des six hommes accusés de la mort de son fils.

"Rien ne m'apaisera". La phrase est signée Joël Censier, le père de Jérémy, un jeune homme de 19 ans, sauvagement tué en 2009 par un groupe de jeunes, alors qu'il rentrait d'une fête à Nay, dans les Pyrénées Atlantiques. Le procès du meurtrier présumé s'est ouvert mercredi devant la Cour d'assises des mineurs de Pau. Cinq coaccusés - âgés de 23 à 34 ans – doivent quant à eux répondre de violences volontaires en réunion.

Pour Joël Censier, dont le combat judiciaire a été très médiatisé, ce procès est l'aboutissement d'une longue procédure émaillée de plusieurs rebondissements. Europe1.fr revient sur le combat de ce père "torturé" et déçu par la justice.

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Pris à partie, "au hasard". Tout commence dans la nuit du 21 au 22 août 2009. Après avoir passé la fête du village de Nay en compagnie de ses amis, Jérémy emprunte le pont de Clarac pour rentrer chez lui. Là, il tombe sur une rixe entre bandes. Sans savoir pourquoi, il est pris à partie par l'une des bandes. Une fois à terre, il est passé à tabac et reçoit cinq coups de couteau dont deux coups mortels au crâne et au cœur.

De nombreux rebondissements judiciaires. A la suite du drame, six individus ont été poursuivis pour meurtre ou violences volontaires. Le suspect principal nie aujourd'hui avoir porté les coups de couteau. Par la suite, le traitement du dossier par la justice a été fortement contesté par Joël Censier, le père de la victime. De fait : en septembre 2011, après deux années de détention, le principal accusé avait été remis en liberté sur un point de procédure. Ensuite, les PV de sa garde à vue avaient été annulés, en raison du non-respect des droits de la défense.

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© CAPTURE D'ECRAN JOEL CENSIER

Le père mobilise le Net. Autant de rebondissements judiciaires dénoncés par Joël Censier dans un spot largement diffusé sur internet. Le père de famille avait également créé un blog pour dénoncer la procédure judiciaire. Aujourd'hui beaucoup moins actif sur le site, Joël Censier a tout de même recueilli près d'un million et demi de partages sur Facebook. Ce dernier a utilisé cette plate-forme pour réclamer une justice moins laxiste et interpeller les candidats à la présidentielle. En décembre, il a d'ailleurs été reçu par la garde des Sceaux, Christiane Taubira.

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"Je ne crois plus en la justice". Aujourd'hui, ne me demandez pas si je crois en la justice française, je vous répondrai non de suite. Ça a été une multitude de vices de procédure qui ont été relevés tout au long de l'instruction du travail qui a été parfois bâclée. Les juges ont travaillé et j'ai bien peur qu'ils aient bien souvent travaillé à décharge plutôt qu'à charge", commente-t-il au micro d'Europe 1.

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"Je ne pense qu'à ça". A l'heure du procès, celui qui assure qu'il n'aura jamais l'esprit apaisé, espère que "la justice soit crédible et dissuasive". Il assure toutefois : "quelque soit le rendu de justice rien ne m'apaisera. Le soir, lorsque je me couche, je vois mon garçon qui meurt sur le pont. Le matin, lorsque je me réveille, je vois mon garçon, je vois les blessures qu'ils lui ont été infligées. Dans la journée, je ne pense qu'à ça. Je suis aujourd'hui un esprit torturé."

Le meurtrier présumé, qui était mineur au moment des faits, risque 30 ans de prison, ses co-accusés sont quant à eux susceptibles de 7 ans de prison. Le verdict doit être rendu e 8 février.