Affaire Carlton : un cas de viol ?

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Affaire Carlton : un cas de viol ?
DSK a déjà été mis en examen le 26 mars pour proxénétisme aggravé en bande organisée.@ REUTERS
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Selon Libération, les juges auraient demandé un réquisitoire supplétif sur des faits de viol en réunion.

Nouveau rebondissement dans l'affaire du Carlton de Lille. D'après le quotidien Libération, les trois juges d'instruction chargés de l'enquête sur Dominique Strauss-Kahn auraient demandé au parquet de Lille, le 28 mars dernier, un réquisitoire supplétif sur des faits de "viol en réunion", alors que jusque-là, l'ex-patron du FMI était accusé de proxénétisme, abus de biens sociaux, escroquerie et blanchiment. Une décision devrait être prise dans le courant de la semaine prochaine après analyse du procureur de Lille, ce qui pourrait alourdir les charges contre l'ex-patron du FMI.

Quatre personnes seraient ainsi visées par cette procédure : DSK, déjà mis en examen le 26 mars pour proxénétisme aggravé en bande organisée ; Jean-Christophe Lagarde, commissaire, ancien chef de la sûreté à Lille, mis en examen lui aussi et suspendu depuis l’automne ; David Roquet, chef d’une filiale d’Eiffage, et son ami Fabrice Paszkowski, l’homme qui échangeait des SMS avec Dominique Strauss-Kahn.

"Il me tirait les cheveux"

Cette nouvelle requête s'appuie sur les dépositions de deux "escort girls" dont Libération a pu prendre connaissance. Les faits se seraient déroulés entre le 15 et le 18 décembre 2010 à Washington, aux Etats-Unis. Les "invités" auraient rendu visite à DSK accompagnés par deux prostitués belges, rémunérées 2.500 euros.

La déposition d'une jeune Belge, Marie-Anne S., 25 ans, détaille comment DSK aurait "utilisé la force" contre elle. "Il me tirait les cheveux, il m'a fait mal. Je pèse 50 kilos, lui est plus lourd. DSK aurait ensuite essayé d'abuser d'elle. "J'ai refusé en lui disant non, je ne veux pas (...) J'ai dit clairement que je ne voulais pas, à plusieurs reprises, à haute voix." Toujours d'après son récit sur procès-verbal, dévoilé par Libération, les autres personnes présentes, Jean-Christophe Lagarde, Fabrice Paszkowski et David Roquet, ne seraient pas intervenues. Ce dernier lui aurait même tenu les mains. Marie-Anne S. a également confié aux policiers que DSK savait que les filles étaient payées lors des parties fines.

"Les petites nouvelles"

De son côté, une autre jeune fille, Aurélie D. aurait relativisé les déclarations de Marie-Anne S. : "je voyais à sa tête que ça ne lui plaisait pas. Je ne l'ai pas entendue dire non, si elle ne voulait pas, et si elle avait crié je l'aurais entendue et je serais intervenue", assure-t-elle. Elle affirme, par ailleurs, que "DSK aimait bien s'attaquer aux "petites nouvelles".

Les deux femmes n'auraient pas déposé plainte mais les juges auraient informé le parquet "à toutes fins utiles" lui laissant ainsi le soin d'étendre ou non les poursuites.

"Aucune violence"

Le 26 mars, DSK a nié la qualification de "viol" devant les juges d'instruction."Aucune des relations sexuelles que j’ai pu avoir […] autour du groupe d’amis de Fabrice Paszkowski ne m’est apparue comme étant tarifée", a-t-il expliqué, d’après des procès-verbaux révélés par Le Figaro. DSK a affirmé qu'il n'y avait eu "aucun rapport brutal, aucune vision dégradée de la femme et aucune violence."