Affaire Cahuzac : une information judiciaire ouverte

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Affaire Cahuzac : une information judiciaire ouverte
Les experts estiment que la voix sur l'enregistrement est probablement celle du ministre.@ REUTERS
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Le ministre du Budget a présenté sa démission du gouvernement peu après l'annonce.

L'info. Le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a démissionné mardi soir après l'ouverture dans l'après-midi d'une information judiciaire contre X pour "blanchiment de fraude fiscale" dans une affaire dans laquelle apparaît son nom. Un ou plusieurs juges d'instruction vont donc être nommés dans les prochains jours. Une enquête préliminaire de police visant à déterminer si Jérôme Cahuzac, le ministre du Budget, a ou non détenu un compte en Suisse afin de dissimuler des revenus au fisc, avait été ouverte le 8 janvier dernier. Elle a permis d'avancer, notamment sur l'identification de la voix attribuée au ministre dans un enregistrement.

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La voix. Les juges nommés devront dans les semaines à venir vérifier l'authenticité et le contenu d'un enregistrement dans lequel un homme - dont la voix est attribuée à Jérôme Cahuzac - évoquait l'existence d'un compte qu'il aurait détenu auprès d'une banque suisse. Mais les premières investigations, menées dans le cadre d'une enquête préliminaire, "renforcent l'hypothèse" selon laquelle l'ancien ministre est bien le "locuteur inconnu" : trois témoins à qui les enquêteurs ont fait écouter l'enregistrement, ont dit reconnaître la voix de monsieur Jérôme Cahuzac et un témoin des "intonations de la voix".

Ecoutez un extrait de l'enregistrement révélé par Mediapart :

Pourquoi cette nouvelle procédure ? Le parquet ouvre une enquête contre X des chefs de "blanchiment de fraude fiscale, perception par un membre d'une profession médicale d'avantages procurés par une entreprise dont les services ou les produits sont pris en charge par la sécurité sociale, blanchiment et recel de ce délit". C'est un juge indépendant qui va désormais mener l'instruction. "Les investigations menées dans le cadre de l'enquête préliminaire doivent désormais se poursuivre dans un cadre procédural plus approprié au regard de la complexité des investigations à diligenter, notamment la mise en oeuvre complète de l'entraide répressive internationale, en Suisse, mais aussi à Singapour", justifie le parquet.

Les réactions. Le site Mediapart a estimé pour sa part que ses informations, à l'origine de l'affaire, étaient entièrement validées. "Depuis plus de trois mois maintenant, Médiapart a avancé des informations qui sont aujourd’hui toutes confirmées, validées et vérifiées par le parquet de Paris et les enquêteurs", s'est réjoui Edwy Plenel, le fondateur de Mediapart, sur BFM TV. "La vraie question c’est pourquoi monsieur Cahuzac a-t-il menti avec tant d’aplomb ? A-t-il menti pour lui seul ? A-t-il menti pour d’autres ?", a-t-il ajouté.

Michel Gonelle, l'ancien opposant à Jérôme Cahuzac qui avait transmis le fameux enregistrement à la justice, s'est dit "rasséréné" par cette décision. "Ce qui est important pour moi c’est que l’on ne puisse plus discuter de [l']authenticité" de l'enregistrement, a-t-il ajouté.

La position de Cahuzac. Dès le début de l'affaire, le ministre du Budget a catégoriquement nié avoir détenu un tel compte, y compris devant l'Assemblée nationale. Et de nombreux responsables politiques et élus, y compris de l'opposition, l'ont soutenu.