Affaire Bygmalion : les déclarations de Sarkozy à l'épreuve des faits

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Affaire Bygmalion : les déclarations de Sarkozy à l'épreuve des faits
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L'ex-président de la République assure qu'il n'y a pas eu de double facturation pour financer sa campagne. La Commission de contrôle tempère.

"Cette campagne a été vérifiée dans tous les sens. Interrogé mercredi soir sur l'affaire de ses comptes de campagne de la présidentielle 2012, Nicolas Sarkozy a assuré que la Commission de contrôle avait passé au peigne fin toutes les dépenses de sa campagne de 2012, démentant au passage tout système de double facturation. Mais selon les vérifications d'Europe 1, l'ancien président de la République a prêté beaucoup plus de pouvoirs à la Commission de contrôle qu'elle n'en a réellement.

Ce que dit Nicolas Sarkozy sur l'affaire Bygmalion. Dans ce dossier, une information judiciaire a été ouverte fin juin pour "faux et usage de faux", "abus de confiance ", "tentative d’escroquerie" et "complicité et recel de ces délits". Cette enquête s'oriente de plus en plus vers les comptes de campagne du candidat Sarkozy en 2012. "Cette campagne a été vérifiée dans tous les sens, avec un soin qui n’avait rien d’amical, par la commission des comptes de campagne et par le Conseil constitutionnel", s'est défendu Nicolas Sarkozy assurant que "quand (son) équipe de campagne a oublié d’inscrire le plateau-repas d’un chauffeur d’une des voitures, (le Conseil) l’a réintroduit".

"En ce qui concerne ma campagne, je le dis à tous ceux qui m‘ont soutenu, il n’y a jamais eu le moindre système de double facturation", a assuré l'ex-président de la République et chef de l'UMP. "Que les 17 millions qu’on prétend dépendre de ma campagne qui auraient été cachés, c’est une folie. Personne ne peut imaginer que les enquêteurs du Conseil constitutionnel ou de la commission des comptes de campagne soient passés au travers", a-t-il conclu.



EXTRAIT - Nicolas Sarkozy : "Ma campagne n‘a...par Europe1fr

>> Ce qu'il en est vraiment. En réalité, Nicolas Sarkozy prête beaucoup plus de pouvoirs à la Commission de contrôle qu'elle n'en a réellement. Lorsqu'il s'agit d'une tricherie organisée, habilement dissimulée sous des fausses factures qui ne sont pas versées dans les comptes de campagne, la commission administrative n'a en effet aucune chance de la débusquer. Selon le président de cette commission, François Logerot, l'institution n'a aucun pouvoir d'investigation.

"A partir du moment où nous n'avons pas de pouvoir de police sur ce qu'il se passe pendant la campagne, nous ne pouvons nous en remettre qu'à ce qui est dans le compte et à la procédure contradictoire que nous exerçons avec le candidat. Et nous agissons évidemment après coup, deux mois après l'élection. Nous avons six mois pour faire les investigations. Mais nous ne pouvons évidemment pas, a posteriori, vérifier le nombre de caméras, le fait qu'il y ait eu 2.000 chaises et non pas 1.000 qui ont été louées, le fait qu'il y ait eu telle dépense pour les vidéos", détaille François Logerot au micro d'Europe 1.

Quant à l'exemple, cité par Nicolas Sarkozy, du plateau-repas d’un chauffeur qui aurait été réintroduit dans les comptes, la réponse du président de la commission est courte, mais cinglante. "Ca c'est de l'ordre de l'effet de communication. C'est tout à fait inexact. Je réfute absolument ce genre d'imputation", déclare-t-il agacé. François Logerot certifie enfin que les comptes de Nicolas Sarkozy ont été vérifiés avec le même soin que pour les autres candidats. Ni plus ni moins.

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