AF447 : un accident en quatre minutes

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AF447 : un accident en quatre minutes
Les boîtes noires indiquent que l'avion de l'AF447 a brutalement décroché faute de vitesse.@ REUTERS
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Selon Der Spiegel, le crash du vol Rio-Paris serait dû à un brutal décrochage, aux raisons inconnues.

Les boites noires du vol AF447, repêchées début mai, commencent à révéler leurs secrets. Ce vol Air France, reliant Rio à Paris, s'était crashé en juin 2009 provoquant la mort de 228 personnes. Selon Der Spiegel, l'accident a été provoqué par un brutal décrochage de l'appareil, un Airbus A330.

"Une situation quasiment indébrouillable"

Selon le magasine allemand, qui s’appuie sur un expert ayant participé à l'analyse des données récupérées sur les boîtes noires, si les causes exactes de l'accident n'ont pu être déterminées, l'analyse des enregistreurs de vol laisse à penser que les sondes de vitesse des avions, dites sondes Pitot, ont givré, empêchant la transmission de données exactes sur la vitesse de l'appareil. L'enregistreur des données techniques indique "un brusque tangage de l'appareil peu après la panne des indicateurs de vitesse," mouvement qui a causé le décrochage de l'avion et sa chute, selon cet expert. L'accident n'aurait duré au total que quatre minutes.

"Sur ce type d’avion, qui est réputé indécrochable car protégé par des tas de systèmes automatiques, malgré tout le décrochage semble possible et une fois qu’on est décroché dans un avion comme ça, en vol de nuit, eh bien on se retrouve dans une situation qui est quasiment indébrouillabe", analyse Bernard Chabbert, consultant aéronautique à Europe 1

Le pilote était au poste repos

Selon le Spiegel, il n'est pas clair si cet enchaînement est le résultat d'une erreur de pilotage, ou si les ordinateurs de vol avaient cherché à compenser ce qui apparaissait comme une perte de puissance en raison de la défaillance des indicateurs de vitesse. D'après l'enregistreur des conversations dans la cabine de pilotage, le commandant de bord, Marc Dubois, ne se trouvait pas dans le cockpit au moment où la première alarme a retenti, car il se reposait, une procédure normal au cours d’un vol de cette durée. On l'entend dans les enregistrements regagner à la hâte le cockpit et "crier des instructions à ses deux copilotes", selon la source du magazine.

Face à la pression et aux spéculations sur les causes de l'accident, les enquêteurs du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français ont décidé d'avancer leur calendrier en rendant public en fin de semaine prochaine "des éléments factuels sur le déroulement du vol qui détermineront les circonstances de l'accident mais en aucune façon les causes".