AF447 : le scénario reconstitué

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AF447 : le scénario reconstitué
Le troisième rapport du BEA publié vendredi doit préciser les circonstances de la catastrophe de l'AF447.@ REUTERS
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Le troisième rapport du BEA précise les circonstances de la catastrophe, selon Le Figaro.

Les pilotes ont-ils réagi correctement ? Le Bureau d'enquêtes et d'analyse doit rendre vendredi son troisième rapport qui précise les circonstances du crash du vol AF447. Selon des informations du Figaro, l'équipage du Rio-Paris, qui s'est abîmé en mer le 1er juin 2009, n'aurait pas réagit correctement après les premiers incidents techniques. Le quotidien a reconstitué le scenario de la catastrophe.

L'équipage n'a pas compris ce qui se passait

D'après les éléments de l'enquête du BEA, que Le Figaro a pu consulter, les turbulences au moment du crash "n'avaient rien d'exceptionnel" et "ce sont avant tout les erreurs successives de l'un des pilotes" qui ont provoqué l'accident. Selon le quotidien "à aucun moment l'équipage n'a compris que l'avion avait décroché".

Comme il a déjà été établi par un précédent rapport du BEA, le commandant de bord ne se trouvait pas dans le cockpit au moment où les sondes Pitot ont cessé de fonctionner, peu après 2 heures du matin. Dans la cabine se trouvent alors les deux copilotes et c'est le moins expérimenté des deux - un homme de 32 ans qui avait moins de 3.000 heures de vol à son actif - qui était "en fonction". C'est lui qui récupère les commandes de vol quand le pilotage automatique se désactive. L'autre copilote est quant à lui chargé de "gérer les pannes et d'apporter les informations à son collègue", précise Le Figaro.

Un ordre à cabrer qui augmente le risque de décrochage

Le copilote en fonction prend alors la décision de donner un "ordre à cabrer" qui fait monter l'avion jusqu'à 37.500 pieds, une altitude qui augmente considérablement le risque de décrochage. Selon Le Figaro, "le pilote n'aurait jamais dû faire monter l'appareil" si haut. L'appareil retrouve alors une vitesse cohérente. Selon le quotidien, l'accident aurait pu être évité si les pilotes avaient maintenu manuellement la trajectoire et l'altitude de l'avion.

Pendant ce temps, le second copilote appelle le commandant de bord et "perd de vue" les indications des appareils sur les pannes. Il ne voit pas non plus que son collègue continue de cabrer, soit "le contraire de ce qu'il faut faire", selon Le Figaro. Une manœuvre, contraire aux procédures d'Air France, qui aurait provoqué le décrochage de l'avion.

Le commandant de bord n'avait pas les bonnes informations

A l'arrivée du commandant de bord dans le cockpit, les deux copilotes ne lui auraient par ailleurs pas donné les informations pertinentes immédiatement - ils ne lui parlent notamment pas du décrochage. Il aurait donc été dans l'incapacité d'analyser la situation et de réagir correctement. Quelques secondes avant le crash, le second copilote reprend les commandes mais ne peut plus rien faire.