AF 447 : un an après, l’enquête piétine

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AF 447 : un an après, l’enquête piétine
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Faute d’avoir retrouvé les boîtes noires, les causes de l’accident restent inconnues.

C’était le 1er juin 2009. Un Airbus A330 d’Air France s’abîmait en mer entre Rio et Paris. Bilan : 228 morts. Un an jour pour jour après la catastrophe, l’enquête est au point mort. L’essentiel de l’épave n’a jamais été retrouvé. Malgré la découverte de nombreux débris, les boîtes noires, qui enregistrent les paramètres de vol et sont donc essentielles pour arriver à déterminer les causes de la catastrophe aérienne, restent introuvables. Le point sur l’enquête :

Les boîtes noires. Depuis l'été 2009, trois phases de recherches ont eu lieu, deux après l'accident et une troisième fin mars. Les conclusions de cette dernière étaient très attendues mais n’ont rien donné. Jean-Paul Troadec, le directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) en charge des investigations techniques, a été clair, en mai dernier : "en l'absence des boîtes noires", "il sera difficile d'avoir une enquête conclusive". Pour le moment, le lancement d’une quatrième phase de recherches n’a pas été lancé.

Car ces recherches ont un prix. Au total, une vingtaine de millions d'euros ont déjà été investis pour retrouver l'épave et les boîtes noires, dont plus de 13 millions lors de la dernière opération cofinancée par Airbus et Air France. Autre problème : le temps presse. Les boîtes noires ne seront peut être plus exploitables après de longs mois d'immersion.

Les sondes Pitot. Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer la catastrophe : la principale concerne la défaillance des sondes Pitot, mesurant la vitesse de l'appareil. Leur maintenance pourrait aussi avoir été défectueuse. Mais le BEA n’a cessé de répéter que la défaillance des sondes ne constitue qu’un élément de l'accident mais ne peut expliquer à elle seule la catastrophe.

Le volet judiciaire. Le parquet de Paris a ouvert en juin dernier une information judiciaire contre X pour homicides involontaires. Ce cadre juridique permet aux familles des victimes de se constituer partie civile en cas de procès. Mais sans la découverte de boîtes noires, l’intérêt de la procédure est limitée.

L'’indemnisation des familles. Le dédommagement des victimes a été plafonné à 109.000 euros par personne, à la charge d’Air France. Pour l'heure, moins de 10% des familles ont accepté un accord avec le transporteur.