A Vitrolles, des policiers fliqués

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A Vitrolles, des policiers fliqués
@ MAXPPP
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La vidéosurveillance et la géolocalisation auraient servis à surveiller des agents municipaux.

Tout est parti d’une plainte d’un restaurateur exaspéré par le manque de réactivité de la police municipale. La municipalité de Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône, a alors lancé une enquête interne. Les services de la Ville n’ont alors pas hésité alors pas à avoir recours aux images de la vidéosurveillance et aux dispositifs de géolocalisation embarqués dans les véhicules ou sur les radios des policiers pour surveiller l’agissement des agents. Trois d’entre eux sont convoqués mardi, mais ils ont reçu le soutien du Syndicat national des policiers municipaux (SNPM-CFTC), qui dénonce la méthode employée.

"On ne peut pas utiliser une caméra de vidéoprotection pour suivre l’activité d’un policier", proteste sur Europe 1 Frédéric Foncel, président du SNPM. "Minute par minute, on voit le flicage du véhicule de police : ‘sort du véhicule’, ‘entre dans le véhicule’. S’il y a une infraction pénale, s’il y a une infraction sur quoi que ce soit, à ce moment-là c’est un officier de police judiciaire qui doit se charger de l’affaire."

"Leur salaire est alimenté par des fonds publics"

Dominique Taguelmint, chargée de la sécurité municipale, souligne de son côté que ce sont des bandes enregistrées qui ont été utilisées pour vérification. D’après elle, la ville est dans son droit. "Il a fallu vérifier, bien sûr, puisqu’il n’est pas normal qu’un policier ne donne pas une version exacte de son activité pendant son temps de travail", argumente l’élue. "Qui plus est sur un corps comme celui de la police municipale, dont le salaire, est alimenté par des fonds publics."

Dominique Taguelmint, avait aussi affirmé sur France 3 qu'il n'y avait rien d'illégal dans le dispositif, la législation du travail permettant selon elle "à tout employeur de contrôler l'activité des salariés". Le SNPM fait cependant remarquer que dans son guide de la géolocalisation, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) stipule qu'un employeur "qui utiliserait le dispositif de géolocalisation pour contrôler l'activité de ses employés alors que la finalité déclarée à la Cnil est la lutte contre le vol, commettrait un détournement de finalité".