A louer : palais présidentiel en Polynésie

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A louer : palais présidentiel en Polynésie
Vue de l'entrée du palais présidentiel de Polynésie française, avenue Pouvanaa à Papeete.@ GOOGLE MAP
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Le nouveau président, Oscar Temaru, veut faire des économies alors que l’île croule sous les dettes.

A peine élu, le nouveau président indépendantiste de la Polynésie française, Oscar Temaru, a annoncé mercredi qu'il entendait "mettre en location" le somptueux palais présidentiel de cette collectivité d'outre-mer, situé à Papeete.

Le quotidien régional Les Nouvelles de Tahiti décrit le palais comme un "splendide F50 à deux minutes du centre-ville, proche de toutes les commodités, d’un style néocolonial inégalé à Tahiti". Il "a été inauguré en 2000 après quatre ans de travaux pour un coût total d’environ 5 milliards Fcfp (42 millions d’euros)", précise Tahiti Presse.

Une première tentative en 2004

"Nous vivons des temps difficiles, ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. C'est le maître-mot que je veux lancer à tout le monde, aux ministres, aux élus du territoire, à toute la population : apprendre à économiser", a argumenté Oscar Temaru.

Lors de sa première accession à la présidence, en 2004, Oscar Temaru avait déjà souhaité transformer le palais en maternité, mais le projet n'avait pas abouti. Le nouveau gouvernement attend des propositions d'investisseurs, mais n'a pas exclu de le "transformer en école" cette fois-ci.

Des finances dans le rouge

Seule certitude, l’exécutif polynésien doit faire des économies alors que les déficits vont croissants et qu’une bonne partie du corps politique a déjà été visée par des enquêtes pour corruption. La décision d’Oscar Temaru est donc aussi symbolique que financière. Ce dernier s'est d’ailleurs déjà installé dans le bâtiment de la vice-présidence.

C'est la cinquième fois qu'il accède au pouvoir depuis 2004, dans une Polynésie marquée par une très forte instabilité politique, et treize gouvernements en sept ans. Cette instabilité a des répercussions sur l'économie de la collectivité, dont tous les secteurs-clefs sont en crise.

"Les données politiques et institutionnelles nous conduisent à considérer le 'management', composante essentielle de notre évaluation qui intègre le facteur politique, comme étant 'très faible' en Polynésie française", écrivait l’agence de notation Standard and Poor’s dans son dernier rapport, remis le 22 mars 2011.