A la Réunion, les élèves privés de rentrée

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A la Réunion, les élèves privés de rentrée
Illustration.@ FRANCE O
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Dans 22 communes de l'île, la rentrée est retardée par un mouvement de grogne des maires.

Les élus ont mis leur menace à exécution. 22 des 24 maires de l’île de la Réunion ont reporté la rentrée des classes pour les élèves des écoles maternelles et primaires. Une reprise des cours est prévue lundi mais les élus locaux maintiennent leurs revendications.

Vacances prolongées pour plus de 100.000 élèves

Estimant que les effectifs de personnel scolaire sont insuffisants, les maires de 22 des 24 communes de la Réunion ont maintenu fermés les établissements dont ils ont la charge. Résultat : plus de 100.000 élèves sur les 121.000 du premier degré sont restés à la maison.

Seuls les écoliers de Saint-Denis et de Petite Ile ont fait leur rentrée des classes, ces deux communes étant gérées par des maires socialistes, solidaires du gouvernement. Collèges et lycées ont, eux, tous fonctionné normalement jeudi.

Des élus en lutte pour des effectifs supplémentaires

Si les maires ont empêché la rentrée de se dérouler comme prévu, c’est parce qu’ils dénoncent une insuffisance du nombre des contrats aidés octroyés par le gouvernement. Ces contrats aidés permettent aux établissements de renforcer leurs effectifs en surveillants, personnel de cantine ou encore de nettoyage. Selon l'Association des maires de la Réunion (AMDR), il manque encore 700 contrats aux communes, sur les 2.000 qu'elle réclamait la semaine dernière, que les écoles fonctionnent normalement.

Du côté du ministère de l’Education, on rappelle qu’un effort en termes d’effectifs a déjà été consenti. Le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, et le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, ont souligné mardi que l'effort du gouvernement était "significatif", rappelant que la Réunion a bénéficié de 933 contrats supplémentaires s'ajoutant aux 300 alloués par le Conseil général.

La rentrée reportée à lundi ?

Toutefois, Victorin Lurel n'a pas exclu de répondre "favorablement" à une nouvelle demande, "si des besoins supplémentaires" apparaissaient et "dans la mesure des moyens disponibles en fin d'année". Et le gouvernement d’expliquer la chute des contrats aidés pour la rentrée : le gouvernement précédent a déjà utilisé les deux tiers des contrats aidés dès le 1er semestre.

Le président de l'AMDR, Roland Robert, a de son côté estimé qu'"on devrait pouvoir arriver à un accord avec le gouvernement". Il a annoncé une réunion des maires jeudi dans l'après-midi pour décider de la suite du mouvement, souhaitant une position unanime sur une date de la rentrée.

Trois maires ont quoi qu'il en soit annoncé la rentrée dans leurs communes "au plus tard lundi".