A La Hague, le nucléaire pose question

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A La Hague, le nucléaire pose question
La CLI, commission locale d'information, a lancé son propre audit de sûreté.@ MAXPPP
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Le maire de Beaumont a créé un groupe de travail pour réfléchir à l'amélioration de la sécurité.

Avec une usine Areva où travaillent environ 5.000 personnes, La Hague dans la Manche tient au nucléaire. Dans ce département, hormis les Verts, le nucléaire est défendu quasi unanimement par les responsables politiques et les syndicats. C'est cette union sacrée bas-normande qui a permis à Flamanville, à 20 kilomètres de Beaumont-Hague, de décrocher le chantier de l'EPR lancé en 2007. Mais depuis la catastrophe de Fukushima, il y a un an, les élus s'interrogent de plus en plus sur la sécurité du nucléaire.

"Il n'y a plus de vie, il n'y a plus rien"

De retour du Japon, Michel Laurent, ancien d'Areva, maire (DVD) de Beaumont-Hague et président de la commission locale d'information (CLI), a mis en place un petit groupe pour réfléchir à l'amélioration de la sûreté nucléaire.

"Nous sommes allés dans les zones évacuées, à dix ou vingt kilomètres. C'est impressionnant de voir ces maisons abandonnées. Il n'y a plus de vie, il n'y a plus rien. Il y a seulement des chats qui traînent, des chiens", raconte le maire, très ému après sa visite de la zone de Fukushima. 

"C'est quelque chose que je ne voudrais pas vivre" :

Michel Laurent a donc décidé de monter un groupe de travail avec des élus, des syndicalistes pour réfléchir à ces problématiques. La CLI, commission locale d'information, a lancé son propre audit de sûreté en y associant le public.

"La sûreté n'est pas à la hauteur"

Plus surprenant, des militants écologistes chevronnés participent également au travail. "Je vis des moments assez surréalistes où je vois des gens autour de moi qui sont dans l'industrie nucléaire et qui développent le même type d'arguments que nous. Ils se posent les mêmes questions. Qu'on soit pour ou contre l'avenir du nucléaire, la sûreté aujourd'hui, elle n'est pas à la hauteur", affirme Yannick Rousselet de Greenpeace. "Tout le monde admet que ce qui était inimaginable est devenu imaginable", ajoute-t-il.

Le groupe de travail s'est attelé à la rédaction d'une centaine de questions. Elus, écologistes, militants écologistes comptent bien ainsi obtenir des réponses de l'Etat mais aussi d'Areva.