A Chinon, EDF s'entraîne à une catastrophe nucléaire
Fin 2011, la Force d'action rapide du nucléaire avait déjà participé à une manoeuvre similaire sur le site de Cruas, en Ardèche. © MAXPPP

L'électricien a organisé une simulation d'accident nucléaire afin d'entraîner sa nouvelle force d'intervention.

Et si… Mercredi 26 juin 2013. Suite à une catastrophe naturelle, la centrale nucléaire de Chinon, en Indre-et-Loire, est coupée du monde. L'un des quatre réacteurs de 900 mégawatts est privé d'eau, empêchant son refroidissement. Le risque d'une fusion grandit à chaque instant et, avec lui, la possibilité de rejets radioactifs dans l'atmosphère.

Ce scénario-catastrophe, inspiré de ce qui s'est déroulé à Fukushima en mars 2011, servait hier d'exercice d'entraînement pour les membres de la Force d'action rapide nucléaire (Farn), des "pompiers de l'extrême" ex-salariés du nucléaire recrutés par EDF pour intervenir en cas de catastrophe majeure au sein d'une centrale.

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Qu'est-ce que la Farn ? A l'horizon 2015, ils devraient être 300, répartis sur quatre bases, à Civaux dans la Vienne, à Dampierre, dans le Loiret, à Paluel, en Seine-Maritime et au Bugey, dans l'Ain. Leur mission : intervenir sur n'importe quelle centrale, en moins de 24 heures, afin d'éviter qu'un petit accident ne se transforme en catastrophe majeure. Pour cela, les agents de la Farn disposent de moyens matériel très importants : groupes électrogènes, pompes, compresseurs, mais aussi camions, 4x4 tout-terrain, hélicoptères ou encore barges pour rejoindre les centrales même si les routes n'étaient plus accessibles.

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Le réacteur secouru en moins de deux heures. Retour à Chinon, où les forces de secours doivent intervenir dans les plus brefs délais : gilet jaune et casque sur la tête, un sac à dos rempli d'équipements de protection, les quinze équipiers déploient une pompe dans un canal proche, puis tirent 600 mètres d'un énorme tuyau jusqu'à l'entrée du réacteur. Mission accomplie, le tout en moins de deux heures.

Même si elle est encore en phase de rodage, la Farn commence à susciter l'intérêt à l'étranger. "Nous sommes un peu en avance par rapport à d'autres pays, et d'autres exploitants trouvent l'idée intéressante", souligne Caroline Bernard, directrice sûreté du parc nucléaire d'EDF, venue assister à l'opération. Certains imaginent d'ailleurs cette force s'étendre à l'étranger, notamment au Royaume-Uni, où EDF gère plusieurs centrales.