"9-3" : la violence scolaire surtout verbale

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"9-3" : la violence scolaire surtout verbale
2.318 enseignants, proviseurs, surveillants de Seine-Saint-Denis ont été interrogés pour cette enquête.@ MAXPPP
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Une enquête en Seine-Saint-Denis relativise le climat scolaire réputé "explosif" du département.

Ils sont enseignants, proviseurs, surveillants, ils exercent en Seine-Saint-Denis et sont loin d'avoir une vision désespérée de la situation, pourtant réputée critique, de leurs établissements scolaires. Voilà ce qui ressort, contre toute attente, de l'enquête financée par le conseil général du 93 et rendue publique lundi.

Un climat scolaire positif  pour 3 personnes sur 4

Le climat scolaire apparaît ainsi positif à 3 personnes interrogées sur 4 : sur les quelque 2.318 personnes interrogées, près de 57% le jugent plutôt bon et un peu plus de 17% bon.

Entre un directeur d'établissement, un enseignant en primaire et un prof en lycée professionnel, les appréciations différent toutefois fortement. Les plus négatifs sont les personnels de collèges et de lycée professionnel :  ils sont plus du tiers à estimer que le climat scolaire s'est dégradé.  Les personnels du premier degré sont globalement plus satisfaits : ils sont 9 sur 10 en école maternelle et 8 sur 10 dans le primaire à juger le climat positif.

L’éducation prioritaire, ombre au tableau

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes alors ? Pas vraiment. La violence est jugée présente par 39% des professionnels interrogés. Un taux qui grimpe à 69% dans les dispositifs de l’éducation prioritaire.

11,4% des personnels de l'Education nationale ne se sentent pas en sécurité. Ce sentiment d'insécurité personnelle atteint des sommets - 19,3% - chez les personnels de collèges et de lycée professionnel  en éducation prioritaire.

De la violence verbale avant tout

Quid de la violence effectivement subie ? 44,5% des personnels se déclarent victimes d'injures mais aussi menaces (18%) et de vol (13%). Concernant la violence physique, 11,7% rapportent des bousculades mais 94% d’entre elles n’ont pas entraîné d’arrêt de travail. 2,2% des personnels reportent avoir été frappés dans l’exercice de leurs fonctions.

Les cas de violence avec armes se révèlent rarissimes : 0,1% (3 cas) des répondants disent avoir été blessés