800 morts subites de sportifs tous les ans

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800 morts subites de sportifs tous les ans
Les sportifs amateurs ne sont pas à l'abri d'un accident, même si les médecins soupçonnent que ceux qui se dopent soient les plus susceptibles d'être victimes de "mort subite".@ REUTERS
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L'Académie de médecine redoute qu'un nombre croissant de décès soit liés au dopage.

Chaque année, 800 sportifs amateurs décèdent sur des terrains de sports dans des conditions inexpliquées. Pour mieux comprendre ces morts subites et estimer quelle part occupe le dopage dans ces décès, l'Académie de médecine réclame dans un rapport des autopsies systématiques.

Huit fois sur dix, aucune explication

"Les morts subites liées au sport dans la population générale sont considérablement plus répandues que ce qui était supposé précédemment", prévient une récente étude de l'Inserm, diffusé en juin dans le journal Circulation de l'American heart association (AHA).

Et pour cause : cette étude a recensé 800 morts subites sur des terrains de sport par an. Malgré ce nombre relativement élevé, les médecins n’ont, huit fois sur dix, aucune explication à fournir. Seule certitude, les victimes sont à 95% des hommes sans antécédents cardiovasculaires, avec un âge moyen de 46 ans.

Une autopsie pour en savoir plus

Pour mieux comprendre ces nombreuses morts subites, l’Académie de médecine demande donc que des autopsies soient systématiquement effectuées dans ce type de décès.

"On a besoin d’une très bonne dissection des organes du sportif, cœur, vaisseaux. Et deuxièmement, le volet toxicologique pour savoir ce qui a pu être pris par le sportif, peut-être, et puis troisièmement le volet génétique. Et tout cela, encore une fois, dans le meilleur esprit qui est de protéger les sportifs", détaille le docteur Patrice Queneau, avant de conclure : "pour prévenir, il faut savoir".

Le dopage, principal suspect

Si l’Académie de médecine s’active autant, c’est parce qu’elle redoute qu’un nombre croissant de décès s’explique par le dopage, qui progresse parmi les sportifs du dimanche. L’institution estime que 5% à 15% des sportifs adultes amateurs ont recours au dopage, une proportion qui descend de 3 à 5% chez les mineurs.

Les principaux produits dopants utilisés chez les sportifs non professionnels sont le cannabis, les corticoïdes, les anabolisants, les amphétamines, les hormones de croissance et aussi l'EPO à un niveau plus élevé, énumère Michel Rieu, conseiller scientifique pour l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD).

Les membres de l'Académie qui ont voté à l'unanimité ce rapport, préconisent aussi la mise en place d'un "observatoire des accidents et des complications liés au dopage". "La préoccupation de l'Agence mondiale antidopage (AMA) est de combattre la tricherie dans le sport alors que pour nous le dopage c'est essentiellement un enjeu de santé publique", résume le Dr Queneau.