500.000 retraités sont encore "actifs"

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500.000 retraités sont encore "actifs"
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Un rapport de l'Igas montre qu'un demi million de retraités continuent de travailler

Par plaisir, parfois, ou par nécessité, souvent. 500.000 personnes ont repris le chemin du travail après la retraite, selon un rapport publié ce mois-ci par l'Inspection générale des Affaires sociales (Igas).

Le nombre de ces "retraités-actifs" a plus que doublé entre 2006 et 2011 pour le seul régime général, grimpant de 137.000 à quelque 308.000, d'après les chiffres de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav).

Compléter une retraite insuffisante

Âgés en moyenne de 65 ans, ces travailleurs jouent les prolongations surtout pour compléter une retraite insuffisante - en moyenne 1.015 euros par mois - par une activité à temps partiel. L'assouplissement des conditions de cumul emploi-retraite mis en application en 2009 leur permet de gagner entre un quart et un tiers de ce qu'ils touchaient dans la vie active.

"Si je veux m'en sortir, il faut que je bosse", confirme Monique Nicolas, ex-cadre de la fonction publique. "Avec 1.300 euros de retraite, je ne suis pas à plaindre. Mais j'ai perdu mon logement de fonction et, sans aucune aide, entre mes 538 euros de loyer, les charges et ma fille que je dois aider, je ne m'en sors pas", déplore cette grand-mère volontaire, installée dans l'Essonne.

L'envol de Senioravotreservice.com

Aide à domicile, garde d'enfants, ménage de nuit dans les entreprises... Depuis sa retraite en 2003, Monique Nicolas n'a jamais cessé de travailler. Cela lui permet de toucher 300 à 600 euros par mois en plus, notamment grâce au site Seniorsavotreservice.com. Ce site Internet lancé en 2008 pour mettre en relation particuliers employeurs et retraités recense aujourd'hui 50.000 CV de retraités... soit deux fois plus qu'en 2011.

Fort de son succès, le site a "évolué vers les entreprises qui recherchent désormais ces profils jugés rassurants pour des postes dans la grande distribution ou le téléconseil", explique Valérie Gruau, sa fondatrice.

Des revenus au black

Mais il n'y a pas que les retraités nécessiteux qui souhaitent encore travailler. Il y a également "les retraités avec des niveaux de salaires antérieurs élevés qui ne veulent pas quitter le milieu professionnel", constate Vincent Poubelle, directeur Statistiques, Prospective et Recherche à la Cnav.

C'est le cas d'Henri. Ce retraité de 67 ans propose ses services de bricolage à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis). Il estime ses gains à "1.500 à 2.000 euros par an, au black", se faisant "parfois payer en tomates". "C'est toujours ça de pris", lance cet homme fantasque, qui dit travailler "certes pour compléter sa retraite de 1.100 euros, mais aussi pour faire des rencontres".

Moins actifs que nos voisins européens

Michèle Sultana, 65 ans, continuera aussi son activité. A la rentrée prochaine, cet ex-professeur agrégée de philosophie à Orsay, dans l'Essonne, officiera dans des organismes privés, "pour continuer à être impliquée dans la vie sociale et rester en phase avec la génération de (s)on fils, âgé de 23 ans".

Que ce soit par plaisir ou par nécessité, les retraités français restent toutefois moins actifs que leurs voisins européens. En 2011, le taux d'emploi des 65-69 ans atteignait 5,2%, contre 10% en Allemagne et 10,5% en moyenne en Europe.