5.000 euros requis contre l'ex-préfet

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5.000 euros requis contre l'ex-préfet
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Jugé pour injures racistes, l'ex-préfet Paul Girot de Langlade sera fixé sur son sort vendredi.

A la barre ou assis sur sa chaise, Paul Girot de Langlade a trépigné mardi, secoué la tête en signe de désapprobation et même interrompu les plaignants. "J'ai peut-être une grande gueule (...) mais je ne suis pas raciste", n'a-t-il eu de cesse de marteler lors de son procès pour injure raciale.

Mais ses protestions n'ont eu que peu d'effets. A la fin de l'audience, 5.000 euros d'amende ont été requis devant le tribunal correctionnel de Créteil contre cet ex-préfet, jugé pour avoir déclaré : "On se croirait en Afrique ici !", lors d'un contrôle à l'aéroport d'Orly.

Retours sur les faits

Le 31 juillet 2009, Paul Girot de Langlade, alors préfet chargé des Etats généraux de l'Outre-Mer pour la Réunion, s'était en effet présenté à un portique de sécurité d'Orly alors qu'il était en transit avec son épouse. Au moment du contrôle, le ton était monté avec les agents de sécurité. Puis en quittant le portique, Paul Girot de Langlade s'était emporté : "On se croirait en Afrique ici!", avait-il lancé. Trois agents de Securitas, assurant qu'il visait leur couleur de peau, avaient alors porté plainte.

"J'ai simplement voulu dire que c'était le bordel (...) Si le contrôle avait été rigoureux, j'aurais pu dire : 'on se croirait à Singapour ou aux Etats-Unis' ", a assuré à la barre l'ancien haut fonctionnaire, récusant toute accusation de racisme.

Une amende de 5.000 euros requise

Pour le représentant du ministère public Bernard Thouvenot, la question n'est toutefois pas de savoir si Paul de Girot de Langlade est raciste. "La loi ne sanctionne pas une opinion mais mais elle sanctionne son expression publique", a-t-il rappelé. Or selon lui, les propos du préfet sont bien "outrageants" et "méprisants" et reprennent une idée largement véhiculée et péjorative que "le seul fait d'être en Afrique constitue un désagrément."

"La réserve est la moindre des choses qu'on peut attendre d'un haut fonctionnaire", a ensuite assené Bernard Thouvenot, réclamant 5.000 euros d'amende.

Hortefeux visé

Me Collard, l'avocat de l'ex-préfet, a, pour sa part, fustigé la "police de la pensée" et la "douane des mots". "On a cherché à le rendre raciste parce que quelqu'un avait besoin de se faire passer pour un anti-raciste de service", a assuré l'avocat, visant sans le nommer le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux qui avait suspendu le préfet pour cette affaire.

Fin août 2009, Paul Girot de Langlade avait lui aussi accusé le ministre d'avoir "orchestré" cette affaire "pour se refaire à bon compte une virginité de parfait antiraciste" après son passage au ministère de l'Identité nationale.

Le jugement sera rendu vendredi.