30 mois pour l’usurpateur d’identité

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30 mois pour l’usurpateur d’identité
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Patrice Griffaton avait volé l’identité de son frère. La cour d’appel l'a condamné vendredi.

Patrice Griffaton a été condamné à 30 mois de prison ferme vendredi par la cour d'appel de Paris. Une décision qui confirme "dans toutes les dispositions" un premier jugement, rendu en août dernier. Agé de 38 ans, cet Auxerrois a également été condamné à verser 15.000 euros de dommages et intérêts, pour avoir usurpé l’identité de son frère, Pascal Griffaton, pendant 15 ans. Il devra aussi verser 1.000 euros à l'épouse de son frère et 500 euros à chacun de leurs trois enfants.

15 ans d'usurpation d'identité

Les faits avaient débuté en 1995, en Bourgogne. Patrice Griffaton, sous l’identité de son frère Pascal, avait multiplié les délits et infractions, notamment pour trafic de drogue, conduite en état d’ivresse, vol, excès de vitesse ou escroquerie.

Recherché par la police depuis le 8 avril 2010, date à laquelle il ne s’était pas présenté à son premier procès au tribunal de Grande instance d’Auxerre, il avait finalement été arrêté le 5 juillet dernier, à Auxerre-même, alors qu’il se rendait dans une agence d’intérim.

A cause de faits commis par son frère, Pascal Griffaton avait notamment écopé d'un mois de prison ferme, d'un an de suspension du permis de conduire et d'une interdiction bancaire, et avait décrit à l'audience une vie transformée en cauchemar par son frère. D’abord condamné, en son absence, à quatre ans de prison ferme, Patrice Griffaton avait fait opposition à ce jugement. Une procédure qui lui avait permis de saisir à nouveau le tribunal, qui l’avait condamné à deux ans et demi fermes, au mois d'août.

"Une bataille pour rien", selon la victime

"C'est une bataille pour rien", a-t-il regretté. "Il n'y a pas de justice", pense-t-il, prédisant que son frère "recommencera" dès sa sortie.

La peine prononcée en août était en effet moins lourde que le réquisitoire de la procureure. "Pascal a été complètement vampirisé, dépossédé d'une vie qu'il ne maîtrisait plus," avait souligné à l’époque la représentante du ministère public."Plusieurs années à vivre sur le qui-vive, on comprend à quel point la situation peut être difficile".

Patrice Griffaton absent

Patrice Griffaton n'était pas présent, ayant demandé à ne pas être extrait de la maison d'arrêt d'Auxerre où il est incarcéré. Le casier judiciaire de l’Auxerrois affiche plus d'une dizaine de condamnations, dont trois usurpations d'identité au préjudice d'autres personnes remontant au début des années 1990.