24 heures dans la vie d’un SDF

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24 heures dans la vie d’un SDF
@ MAXPPP
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Quatre hommes ont filmé leur quotidien dans la rue, à l'initiative du Samu social.

A travers la forme d’un œil, un gobelet en carton apparait. Puis, des doigts tenant une cigarette entrent dans le champ. Enfin, la voix d’un homme vient couvrir le bruit des voitures qui passent. "Vous n’auriez pas une petite pièce s’il vous plaît ?".

Ce n’est pas une nouvelle émission de télé réalité. Mais juste la réalité. Celle de quatre hommes. De quatre sans abri. Pendant vingt-quatre heures ils ont filmé, grâce à des lunettes équipées de microcaméras, leur quotidien. Celui de la rue.

Brut de décoffrage

Ce film, diffusé sur Internet, a été réalisé à l'initiative du Samu social et de l'agence Publicis conseil. "Ce n'est ni un reportage, ni un documentaire, ni de la téléréalité, ce n'est jamais fabriqué. On voulait montrer quelque chose de brut de décoffrage, en temps réel, sans aucun parti-pris de montage, de choix des "meilleurs moments", a expliqué Véronique Sels, directrice de création chez Publicis conseil.

Sur l'écran où une petite pendule égrène le temps qui passe, défile le lent quotidien de chacun des quatre hommes : la manche, leur "bonjour" qui retombe le plus souvent dans le vide de l'indifférence des passants, les copains de boisson, l'errance dans les quartiers où ils ont choisi de vivre, le repos.

Des voix dans le vide

"Ce que je trouve terrible, c'est qu'on ne les « voit » pas, plein de gens tournent autour d'eux, la vie continue mais la leur s'est arrêtée sur un bout de trottoir", explique Stefania Parigi, directrice générale du Samu Social. "On voulait susciter un choc auprès du grand public et surtout le rendre participatif en l'obligeant à se connecter pour faire l'effort de regarder", ajoute-t-elle.

Le Samu social a souhaité volontairement s'écarter des traditionnelles campagnes de sensibilisation faites l'hiver, mais au contraire faire coïncider la mise en ligne de la vidéo avec l'arrivée de la période posthivernale qui ne résout rien pour les SDF. "On sait que les difficultés pour certains augmentent à l'arrivée du printemps: nombre de places d'hébergement en diminution, nouveaux problèmes de santé comme les problèmes dermatologiques", explique Stefania Parigi.

"La campagne a l'air de fonctionner c'est un gros choc", dit-elle. Un premier bilan aura lieu dans environ trois semaines. La projection du film est prévue dans un centre d'accueil d'urgence. "Notre but n'est pas forcément de collecter des fonds mais d'en appeler à la responsabilité collective, de dire qu'on n'y arrivera pas tant que ce public sera considéré de cette façon, c'est à dire mal", conclut la secrétaire générale du Samu social.

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