2,9 millions de mal-logés en France

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2,9 millions de mal-logés en France
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L’Insee publie pour la première fois un panorama de la précarité en France. Des chiffres détonants.

"C’est énorme, 3 millions de mal-logés !". Bien qu’il ne soit pas surpris par les chiffres publiés par l’Insee jeudi, Patrick Doutreligne, délégué général de la fondation Abbé Pierre, ne s’habitue toujours pas à la proportion de personnes en situation de grande précarité en France. "On est le cinquième pays le plus riche du monde et 5% de notre population vit mal", confie-t-il à Europe1.fr.

250.000 personnes n’ont pas de toit

Pour la première fois, l’Institut national de la statistique et des études économiques publie un panorama des Français en situation difficile. Le verdict est sans appel : 2,9 millions de personnes sont mal-logées, 250.000 n’ont pas de toit. "Notre étude répertorie différentes catégories de mal-logement", observe Jean-Louis Lheritier, chef du département des prix à la consommation des ressources et des conditions de vie des ménages, à l’Insee.

Sur les 250.000 personnes sans-abris, "nous en dénombrons 33.000 qui sont logées dans des hébergements d’urgence ; 100.000 prises en charge par des structures de longue durée et enfin 117.000 qui n’ont pas de logement personnel mais qui sont hébergées soit en hôtel, soit chez un tiers", détaille Jean-Louis Lheritier pour Europe1.fr.

"Il manque 900.000 logements"

En plus de ces 250.000 de sans-abris, l’Insee recense près de 3 millions de personnes mal-logées. "Un mal-logé est quelqu’un qui n’a pas tous les éléments de confort standard c’est-à-dire des W.C, une cuisine, une salle-de-bains, l’électricité ou encore une isolation suffisante pour son logement", explique Jean-Louis Lheritier. "Mais le mal-logement se caractérise aussi par des habitations surpeuplées. On en recense 800.000 en France", poursuit-il.

Pour Patrick Doutreligne, de la fondation Abbé Pierre, cette situation résulte d’un terrible manque de logements en France. "Il faudrait 900.000 logements supplémentaires", estime-t-il, mais aussi plus de moyens pour certains ménages. "Nous accueillons de plus en plus de travailleurs incapables de payer leur loyer. Même chose pour les retraités", témoigne Patrick Doutreligne. La fondation Abbé Pierre publiera le 1er février prochain son rapport annuel sur le mal-logement.