10 ans de prison pour la commerçante

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10 ans de prison pour la commerçante
L'ancienne commerçante avait braqué quatre banques, elle a été condamnée à 10 ans de prison.@ MAXPPP
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Fabienne Levy a été condamnée pour avoir braqué quatre banques avec son fils.

Elle voulait "se venger du système". Fabienne Levy, une ancienne commerçante de 51 ans, a été condamnée à 10 ans de prison mercredi soir par la cour d'assises de la Moselle, pour avoir braqué quatre banques allemandes et françaises. Son fils, Jérémie, 21 ans, poursuivi pour complicité, a écopé d'une peine de 5 ans d'emprisonnement dont deux avec sursis.

Un "scandale"

La mère et le fils ont été acquittés pour la tentative d'un cinquième braquage. Ils ont décidé de faire appel. A l'énoncé du verdict, l'accusée s'en est vivement pris aux magistrats et aux forces de l'ordre présentes dans la salle d'audience, en hurlant au "scandale".

Les braquages, dont l'un avait raté, lui avaient rapporté près de 175.000 euros. Autrefois gérante de boutiques de prêt-à-porter, l'accusée est longuement revenue, au cours du procès, sur les circonstances qui l'avaient fait basculer. Elle avait notamment été condamnée par les Prud'hommes à verser 500.000 francs (plus de 76.000 euros) à l'une de ses anciennes employées, ce qui l'a précipitée vers la faillite.

"Se venger du système bancaire"

S'en était suivi un divorce, puis la rencontre d'un nouveau compagnon, une mauvaise rencontre qui l'a impliquée dans un vol de voiture pour lequel elle a été condamnée à de l'emprisonnement ferme. C'est à la suite de cette expérience carcérale qu'elle s'est lancée dans le braquage de banques pour "se venger du système judiciaire et du système bancaire". Celui-ci ne lui avait pas permis de remonter la pente après sa faillite, a-t-elle expliqué. "Elle se représentait la banque comme un système comparable à l'Etat, qui écrasait les plus démunis", avaient noté les enquêteurs au cours de l'instruction. Ce qu'elle a confirmé lors du procès.

"Je ne regrette rien"

"Je ne regrette rien, je voulais me venger des banques, d'un système", a-t-elle répété devant les jurés. Décrite comme intelligente, l'ancienne commerçante a été décrite comme "fusionnelle" avec son fils, dont elle avait eu la garde après un divorce.

Mais c'est surtout sa personnalité, débordante, parfois insolente qui a marqué les débats. Elle a reproché à la présidente de la cour, Catherine Sammari, "l'orientation de ses questions", répondant sur l'opportunité de soins psychologiques, que c'était inutile. Elle a en effet, a-t-elle rétorqué, "appris à vivre avec des abrutis: et en plus, il n'y a pas de traitement pour cela". "Elle a dû payer son arrogance, mais je suis surpris : il y a quelque chose qui me choque dans ce verdict", a commenté son avocat, Me Jean-Christophe Duchet.