Yoni Palmier "concerné" mais "pas l'auteur" des assassinats

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Yoni Palmier "concerné" mais "pas l'auteur" des assassinats
Yoni Palmier, lors d'une perquisition à son domicile en avril 2012.@ AFP
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LA PHRASE - Le procès du "tueur de l'Essonne" s'est ouvert mardi devant la cour d'assises de l'Essonne. Yoni Palmier est jugé pour quatre meurtres commis entre fin 2011 et début 2012.

"Je ne suis pas l'auteur de ces assassinats". Accusé d'avoir assassiné quatre personnes de sang-froid, sans mobile, par surprise, d'au moins une balle dans la tête, Yoni Palmier, "le tueur de l'Essonne", a nié mardi au premier jour de son procès être l'auteur de ces meurtres. "Je suis concerné, effectivement, mais je ne suis pas l'auteur de ces assassinats", a affirmé devant la cour d'assises d'Evry l'accusé, 36 ans, qui comparaît avec la lourde étiquette de "serial killer".

Arrivé à l'audience une main dans la poche, jean et pull gris, il a écouté le président résumer les faits sans un regard pour les parties civiles, mais en jetant un œil noir au public, nombreux. "Il a une certaine défiance vis-à-vis de la justice et il considère que lui n'a pas été entendu lorsqu'il a été victime", a expliqué mardi son avocat Julien Fresnault.

L'accusé a semblé anxieux au moment d'évoquer sa famille, ses neuf demi-frères et soeur qu'il ne voit pas, son "père absent", son "assez bonne relation" avec sa mère. Puis, il s'est fermé soudainement : "Nos relations entre moi et ma famille ne regardent que moi, surtout concernant ma mère !"  A l'audience, l'accusé a fini par concéder ne jamais avoir "vraiment eu de sentiments" pour personne et s'est dit "un peu solitaire".  Sa mère, qui sera entendue mercredi, voulait selon lui qu'il s'"isole un peu des autres". "Ça m'a rendu casanier, sinon introverti", a-t-il expliqué se décrivant comme la "tête de Turc" de ses camarades de classe, puis de son quartier.

Un premier suspect incarcéré à tort... L'affaire débute par une mare de sang dans un parking de Juvisy-sur-Orge : Nathalie Davids, une laborantine de 35 ans, est découverte en novembre 2011 près de sa voiture, atteinte d'au moins sept balles. Les enquêteurs croient rapidement tenir leur suspect idéal : Michel Courtois, 49 ans, ex-amant de la victime qu'il aurait, selon des proches, harcelée. Cet ouvrier du bâtiment avoue en garde à vue et se retrouve en prison malgré ses rétractations.

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© AFP

... puis trois autres meurtres. Trois mois plus tard, en février 2012, Jean-Yves Bonnerue, 52 ans, est abattu dans le même parking d'une balle dans la tête. Suivent Marcel Brunetto, 81 ans, en mars à Ris-Orangis, et Nadjia Boudjemia-Lahcène, 48 ans, en avril à Grigny. A nouveau d'une balle dans la tête, à bout portant. Deux éléments relient les quatre victimes, tuées à quelques kilomètres les unes des autres: le pistolet calibre 7.65 mm utilisé et une moto "bleue et blanche" aperçue par des témoins dans les heures qui précèdent ou suivent les crimes.

La police lance un avis de recherche pour mettre la main sur "le tueur à moto" qui sème la panique dans l'Essonne. Yoni Palmier, un marginal, est arrêté dix jours plus tard à Ris-Orangis.

Le verdict est attendu pour le 17 avril

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