Vols : les agriculteurs sur les dents

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Vols : les agriculteurs sur les dents
Animaux, outils, carburant, les exploitations agricoles sont de plus en plus victimes de vols.@ REUTERS
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Animaux, outils, carburant, les exploitations agricoles sont de plus en plus victimes de vols.

L'actu. On pensait les campagnes un peu plus sûres que les villes. Las, avec la crise, l'augmentation du prix des matières premières et du carburant, les agriculteurs sont de plus en plus victimes de vols. Des larcins qui finissent pas peser lourd dans les trésoreries.

La cuve de fioul vidée. A Argentré-du-Plessis, en Ille-et-Vilaine, l'exploitation de Denis a été victime d'une opération commando. En pleine nuit, il n'a fallu que quelques minutes aux malfaiteurs pour vider sa cuve de gasoil. "J'avais commandé 3.000 litres et je me retrouve avec plus une goutte. Avec une petite pompe électrique, ça va très vite", se désole l'agriculteur breton sur Europe 1. "Niveau financier, ça fait pas moins de 3.000 euros", ajoute-t-il.

Menace sur les animaux. Mais une autre menace inquiète davantage Denis. "Il y a quelques temps, une personne m'a dit : 'je te tuerais bien une bête'. Je sentais qu'elle était prête à le faire. Elle m'a dit 'c'est de la bonne viande, on pourrait bien se nourrir avec ca'", raconte-t-il. "Il faut s'attendre à tout", poursuit l'agriculteur, pessimiste.

"Une vache, ça coûte 2.000€." A quelques kilomètres de là, Eric est aussi inquiet. Pour cet agriculteur, entre les vols d'outillage, de gasoil ou encore les voitures retrouvées carbonisées, "c'est un préjudice de 2.500 euros". Et lui aussi craint de voir des bêtes disparaître. "Aujourd'hui, on a quand même de la valeur dans nos exploitations. Une vache, ça coûte de 1.500 à 2.000 euros", détaille-t-il. Plusieurs bêtes, tuées puis dépecées, ont d'ailleurs été retrouvées ces derniers mois dans des exploitations du département voisin, le Maine-et-Loire.

Le problème majeur des agriculteurs réside dans la difficulté de sécuriser leurs exploitations, souvent très étendues. Certains se sont déjà organisés pour mettre en place des rondes de surveillance. Mais d'autres redoutent des dérapages.