Violences à Moirans : l’enquête s'annonce longue et difficile

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Violences à Moirans : l’enquête s'annonce longue et difficile
@ AFP
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Les policiers vont devoir identifier les responsables des émeutes de mardi soir. L’enquête sera longue et difficile.

Après avoir endigué la vague de violence survenue à Moirans, en Isère, les policiers vont devoir identifier les responsables des émeutes de mardi soir. Des affrontements qui ont éclaté à la suite d’un refus de permission de sortir d’un détenu qui souhaitait assister aux obsèques de son frère tué dans une course-poursuite à la suite d'un cambriolage. En signe de protestation contre cette décision de justice, une centaine de gens du voyage cagoulés et armés de barre de fer ont bloqué la gare SNCF, saccagé le restaurant en face et mis le feu à plusieurs voitures. Depuis, aucun nouvel incident n’a été signalé. Et la communauté des gens du voyage a finalement enterré mercredi le jeune garçon, en l'absence de son frère, qui est resté en prison sur décision de justice.

14 enquêteurs mobilisés. Pour la deuxième nuit consécutive, les rues de la commune iséroise sont restées désertes, avec tout de même la présence discrète de 200 gendarmes mobilisés sur place. Même constate au campement des gens du voyage où aucun mouvement n’a été constaté. Ces derniers ont regagné leurs caravanes après les obsèques du jeune homme mort le week-end dernier.

Il s’agit à présent d’identifier ceux qui ont incendié 35 voitures dont 18 appartenant à des particuliers, et qui se sont livrés à d’autres dégradations. Plus d’une centaine de gendarmes mobiles et de CRS et un hélicoptère, qui a pu prendre des images, ont survolé les lieux mardi soir. "Quatorze enquêteurs sont en train d'exploiter les éléments recueillis dans l'après-midi et en soirée", a détaillé Jean-Paul Bonnetain, le préfet de l’Isère, interviewé sur Europe 1.

"Plusieurs semaines" pour identifier les émeutiers. L'enquête à Moirans s'annonce "extrêmement difficile" et l'identification des "émeutiers" pourrait prendre "des semaines", a pour sa part indiqué le procureur de Grenoble, Jean-Yves Coquillat. "La plupart des individus étaient cagoulés et portaient souvent des gants. Néanmoins, il y a un certain nombre d’éléments de police scientifiques à recueillir. Il peut y avoir de l’ADN, des photos, des films et un certain nombre de personnes seront peut-être identifiables. Ce type d’enquête est extrêmement difficile", prévient le procureur de la République.

La fermeté attendue. Et de réclamer la plus grande fermeté envers les émeutiers : "il s’agit de trouver les auteurs, de prouver qu’ils sont les auteurs, de les déférer, de les juger, de les faire condamner. Et de leur faire purger leur peine."

Une fermeté de la justice qui devra suivre celle des forces de l’ordre, dont Bernard Cazeneuve est venu saluer mercredi soir le travail qui a permis de rétablir le calme. "Quand l'Etat intervient avec la force qui est la sienne, ça a une vertu extrêmement dissuasive", a déclaré le ministre.