Violence sur des migrants à Calais : six mois avec sursis requis à l'encontre d'un CRS

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Violence sur des migrants à Calais : six mois avec sursis requis à l'encontre d'un CRS
Image d'illustration - Clôture de Calais@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Six mois de prison avec sursis ont été requis mardi devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer à l'encontre d'un CRS qui avait été filmé en train d'agresser des migrants à Calais en mai 2015.

Six mois de prison avec sursis ont été requis contre un CRS, accusé de violence à l'encontre de plusieurs migrants à Calais. L'agent de 29 ans sera fixé sur son sort le 31 mai. 

Coup de pied et gaz lacrymogène.Le 5 mai 2015, il avait été filmé de loin avec d'autres policiers, semble-t-il sur la voie d'accès au port, faisant sortir des migrants cachés dans des camions en partance pour l'Angleterre. Selon les cas, on y voit des policiers les poussant par-dessus la glissière de sécurité, assénant un coup de pied, faisant usage de gaz lacrymogène ou les plaquant au sol avec le genou.

Scène filmée par un No Border. Quelques jours après la diffusion de cette vidéo de deux minutes sur internet, qui aurait été filmée par un Finlandais "semblant appartenir a la mouvance No Border" selon le président du tribunal, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) avait été saisie. Lors de l'audience, le prévenu, qui vit en Seine-et-Marne et effectuait ce jour-là sa première journée de mission, s'est reconnu dans des images le montrant en train de faire basculer des migrants par-dessus la barrière de sécurité. Il reconnaît aussi avoir donné un coup de pied "pour maintenir une distance de sécurité".

"Un bon gars". Il y avait "des centaines de migrants" tentant de monter dans des camions sur la rocade, "on était submergés, il y avait de l'agitation et on était en sous-effectif", s'est justifié le prévenu. "Ce n'était pas pour se tenir à distance, la vidéo parle d'elle-même! (...) Je ne vois pas les centaines de migrants" sur ces images, a rétorqué le procureur, Jean-Pierre Valensi. Le supérieur hiérarchique du CRS, présent à l'audience, l'a décrit comme un "bon gars", l'un de ses "meilleurs" éléments et a assuré qu'il n'avait "pas été sanctionné" pour ces faits. 

"Six mois de prison avec sursis contre un CRS pour les gestes qui sont reprochés, connaissant la nature de leur mission à Calais (...) c'est incompréhensible judiciairement, c'est incompréhensible en termes de message envoyé au maintien de l'ordre et c'est même incompréhensible humainement", a réagi Thibault de Montbrial, avocat du CRS, après l'audience.

Dès le début du procès, le président a précisé qu'il n'était "pas question pour le tribunal de méconnaître les difficultés (...) des services de police intervenant a Calais".