Var : le tueur avait agressé des policiers

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Var : le tueur avait agressé des policiers
Abdallah Boumezaar sort un poing américain de son sac et porte un coup à la sous-brigadière, âgée de 36 ans.@ Max PPP
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En 2004, le suspect s'en était pris à quatre policiers lors d'une rixe à la Seyne-sur-Mer.

L'homme était déjà bien connu de la justice. Abdallah Boumezaar, qui a avoué avoir tué deux femmes gendarmes dimanche à Collobrières dans le Var, avait déjà été condamné en 2006 à quatre ans de prison pour avoir agressé des policiers qui tentaient de l'interpeller, selon plusieurs sources judiciaires.

Le 25 novembre 2004, Abdallah Boumezaar a 22 ans. Interdit de séjour dans le Var, il se réfugie pourtant dans la cité Berthe chez sa mère, à La Seyne-sur-Mer, une commune située à une encablure de Toulon. Durant la nuit, celle-ci, qui craint les accès de violence de son fils, prévient le commissariat. Elle s'est également rendue compte qu'il avait entreposé dans la cité une moto volée.

Quatre policiers se présentent alors au pied de l'immeuble. Dans le hall, ils croisent Abdallah Boumezaar qui refuse de s'identifier, son frère Mohammed et deux de ses copains.

Un poing américain

Eclate alors une rixe au cours de laquelle Abdallah Boumezaar sort un poing américain de son sac et porte un coup à la sous-brigadière, âgée de 36 ans. Les quatre jeunes parviennent également à s'emparer du "tonfa" de la policière, la matraque avec laquelle Abdallah Boumezaar la frappe une nouvelle fois.

L'arrivée d'une quinzaine d'autres jeunes de la cité Berthe met les policiers en échec. Ils préfèrent s'enfuir. Trois des agresseurs sont arrêtés rapidement. Abdallah Boumezaar, lui, parvient à s'enfuir. Six mois plus tard, il se rend au commissariat de Toulon.

"Elle aurait pu peut-être y passer"

Le 14 juin 2006, il est condamné à quatre ans de prison par la cour d'appel d'Aix-en-Provence, qui décide alors de révoquer un sursis de dix mois de prison auquel il avait été condamné en 2002 dans une affaire de stupéfiants. Son frère Mohammed, mineur, écopera, lui, d'un an ferme.

La mort dimanche des deux gendarmes de Collobrières "a renvoyé ma cliente à sa propre expérience face à M. Boumezaar", confiait jeudi Me Sandie Castagnon, qui défendait la policière intervenue à La Seyne-sur-Mer en 2004. En prenant connaissance des faits, "elle s'est dit qu'à l'époque, elle aurait pu peut-être y passer", a complété l'avocate avant d'ajouter : "elle s'est vue à la place des gendarmes".

Me Edith Angelico, qui il y a huit ans défendait Mohammed Boumezaar pour la rixe de La Seyne-sur-Mer, tenait toutefois à relativiser des faits traduisant "l'animosité naturelle entre les jeunes de cités et les forces de l'ordre". Selon elle, "rien ne laissait présager" l'épisode de Collobrières.