Une "veuve noire" arrêtée en Isère

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Une "veuve noire" arrêtée en Isère
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Trois de ses compagnons sont décédés de mort violente. Elle a été mise en examen.

Trois compagnons décédés, trois morts violentes. Manuela Cano, 50 ans, a été mise en examen fin mars pour l’assassinat de son mari, Daniel. Un crime qui pourrait être le dernier d’une série. D’où le surnom attribué à Manuela Cano : la "veuve noire".

Le corps de Daniel Cano a été retrouvé carbonisé dans la carcasse détruite de sa voiture, à 150 mètres du domicile conjugal, à Villard-Bonnot, en Isère, fin octobre 2008. Manuela Cano évoque alors un suicide. Les enquêteurs, eux, soupçonnent très vite l’épouse, sans l’accuser formellement faute de preuves.

Un passé qui pèse lourd

Depuis, l’autopsie a notamment permis de détecter d’importantes traces de médicaments dans l’organisme de la victime, des substances qui sont les mêmes que celles prescrites à Manuela Cano par son médecin traitant. Elle aurait pu les utiliser pour droguer son mari avant de le tuer.

Autre élément troublant : un mois avant sa mort, Daniel Cano avait déjà échappé à un incendie alors qu’il se trouvait dans sa chambre. Manuela Cano était au rez-de-chaussée en train de cuisiner. En pleine nuit, précise Le Parisien.

En remontant dans son passé, les enquêteurs ont aussi découvert que le nom de Manuela Cano était apparu dans le dossier sur la mort d’un premier compagnon, dans les années 1980, dans un incendie. Manuela Cano avait alors bénéficié d’un non-lieu. Un autre compagnon a été retrouvé asphyxié par les gaz d’échappement de sa voiture. L'enquête avait conclu à un suicide.

"Pour moi, le dossier est vide"

Dans le cas de Daniel Cano, l’argent pourrait être le mobile du crime. Cet ouvrier en bâtiment disposait d’une assurance-vie de 100.000 euros. Manuela Cano n’a pas eu le temps d’en profiter, puisqu’elle a été écrouée entre temps.

Depuis sa cellule, Manuela Cano continue de clamer son innocence dans ce dossier. Son avocat a d’ailleurs fait appel de son placement en détention provisoire. "Pour moi, le dossier est vide (…) Où est l'argent ? Ma cliente est pauvre. Il n'y a eu aucun enrichissement", a estimé Me Gallo, dans les colonnes du Dauphiné Libéré.