Une patiente fait condamner ses 2 chirurgiens

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Une patiente fait condamner ses 2 chirurgiens
Elle les poursuivait pour avoir subi 14 interventions chirurgicales injustifiées.@ Max PPP
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Elle avait subi 14 interventions chirurgicales, injustifiées, ayant entraîné son incontinence.

Au terme de 14 opérations, Hélène Braz est devenue incontinente. Son "calvaire médical", a commencé en 1994 quand elle est opérée une première fois pour des problèmes gynécologiques par le docteur Célestin Esso, 64 ans, à Charleville-Mézières.

De complications en infections, cette femme de 63 ans repassera neuf fois sur la table d'opération avant d'être confiée à un autre chirurgien, le docteur Jean-Pierre Giolitto, 55 ans, un urologue de Reims connu depuis pour deux autres graves erreurs médicales. Celui-ci l'opérera à cinq reprises, aggravant à chaque fois son état, selon la plaignante.

"Plus de 330.000 euros de protections urinaires"

Selon les experts, ces opérations "étaient des d'actes invasifs injustifiés". Hélène Braz, astrologue et de voyante à Sedan, dans les Ardennes, affirme que "si je vis encore 20 ans, et d'après mes lignes de la main je vais vivre longtemps, j'en ai pour plus de 330.000 euros de protections urinaires". Et d'ajouter : "Je passe ma vie aux toilettes et sous la douche, je n'ai plus d'existence",

18 mois avec sursis

Mardi la cour d'appel de Reims a condamné ses deux chirurgiens à 18 mois de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende, allant au-delà des réquisitions de l'avocat général qui avait évoqué "une incompétence inadmissible qui a abouti à la mutilation sexuelle d'une femme".

Le docteur Esso a écopé en outre d'une interdiction d'exercer la chirurgie gynécologique et urologique pendant 3 ans, alors que Jean-Pierre Giolitto a été interdit de pratiquer l'ensemble de la chirurgie pendant 5 ans. En première instance, les deux hommes, qui avaient fait appel, avaient été condamnés à un an de prison avec sursis, 15.000 euros d'amende et 10 mois d'interdiction d'exercer leur spécialité.

"Incompétence manifeste des deux médecins"

Une peine plus sévère qu'en première instance qui se justifie selon Me Jean-Luc Lubrano-Lavadera, l'avocat de la patiente. Selon lui, les magistrats ont accru les peines prononcées en première instance en raison de "l'incompétence manifeste des deux médecins" mais également à cause du "dossier" du docteur Giolitto, qui est depuis installé à Strasbourg.

Ce dernier avait été suspendu au mois de mars pour cinq mois par l'Agence régionale de santé (ARS) de Strasbourg pour avoir enlevé par erreur le rein sain d'une patiente cancéreuse admise pour une néphrectomie dans une clinique privée.

Le chirurgien avait été également condamné par la cour d'appel de Reims à 18 mois de prison avec sursis pour homicide involontaire pour une erreur médicale lors d'une opération ayant coûté la vie à un jeune homme de 18 ans dans une clinique de Reims en 2006. Dans ce dossier, il s'est pourvu en cassation.