Une fusillade en plein centre de Marseille

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Une fusillade en plein centre de Marseille
Dans la nuit de samedi à dimanche, la place de l'opéra à Marseille a été le théâtre d'une fusillade.@ Capture Google
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Un différend en discothèque serait à l'origine de ces tirs qui ont fait trois blessés, dimanche.

Après un été meurtrier dans la ville, une nouvelle fusillade a éclaté à Marseille, dimanche matin. Trois hommes ont été blessés à la sortie d'une boîte de nuit non loin du Vieux-Port, sur la Place de l'Opéra, dans le IIe arrondissement de la ville. Un différend entre deux groupes serait à l'origine de cette violente attaque. La voiture des suspects a été retrouvée totalement brûlée dimanche soir aux Pennes-Mirabeau dans la banlieue de la ville.

"Arrosage" à la kalachnikov. Au total, 22 balles de kalachnikov et douze d'un pistolet automatique 9 mm ont été retrouvées par les enquêteurs aux abords de la scène. Trois hommes âgés de 21, 24 et 29 ans ont été touchés. Le plus jeune, touché aux bras et à la cuisse, "a perdu beaucoup de sang" et se trouvait dimanche en soins intensifs. Un second blessé, atteint au mollet, devait se faire opérer, et le troisième, dont une balle a éraflé la tête, sortira vraisemblablement de l'hôpital dans la journée. Le procureur de la République Brice Robin a dit "craindre" la présence de "victimes collatérales" parmi les blessés. D'après la correspondante d'Europe 1 sur place, les balles se sont logées un peu partout, dans les murs d'immeuble, dans les rideaux de fer des commerces, dans des voitures en stationnement et même sur les grilles de l'opéra.

Une expédition punitive. La piste d'un "règlement de comptes du grand banditisme ou de 'cités'" est pour l'heure exclue, a précisé le procureur qui a fait état d'un "conflit a priori purement privé". Il n'empêche, ce fut extrêmement violent. Exclus de la discothèque dans la soirée après une bagarre, trois hommes seraient revenus deux heures plus tard pour se venger. Dans cette expédition punitive effectuée à bord d'une voiture, certains agresseurs portaient une cagoule. L'un des trois blessés n'aurait rien à voir avec la provocation qui a déclenché les hostilités.

Une "violence regrettable". Le procureur de la République a déploré une "violence regrettable". "On est malheureusement dans un différend dans une boîte de nuit entre deux groupes. Mais comme maintenant certaines personnes ont facilement des kalachnikov ou des gros calibres, ça se termine comme cela", a-t-il expliqué. La scène a été filmée par les caméras de surveillance, ce qui permettra peut-être de remonter plus facilement jusqu'aux trois tireurs qui ont pris la fuite à bord d'une voiture. La voiture des suspects a elle été retrouvée totalement brûlée dimanche soir aux Pennes-Mirabeau dans la banlieue de la ville, a-t-on appris lundi de source proche de l'enquête.

"En plein centre-ville, il y a du monde quand même !", réagit un habitant réveillé par une "pétarade"

Un été meurtrier. Dans le même quartier, un garçon de 18 ans avait été mortellement poignardé le 18 août cours Jean-Ballard, quelques jours après le meurtre d'un étudiant près de la gare Saint-Charles. Le lendemain, un jeune homme était criblé de balles dans le quartier touristique de l'Estaque, un énième règlement de comptes qui précipitait la venue du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, accompagné de cinq de ses ministres. Il réaffirmait la "détermination sans faille" du gouvernement pour "faire reculer la violence" et annonçait l'affectation de 24 policiers d'investigation et d'une compagnie CRS supplémentaires. Invité du Grand Rendez-vous Europe 1/i>Télé/Le Monde, Manuel Valls a reconnu dimanche matin que la violence était "maximum à Marseille".

>> Lire aussi : Visite groupée de ministres à Marseille

"Pas besoin de défilés de ministres". Le sénateur-maire UMP Jean-Claude Gaudin s'est emporté contre le gouvernement dimanche matin. "Les événements de cette nuit (...) montrent bien que Marseille n'a pas besoin de défilés de ministres, mais de forces de police nationale supplémentaires. Le ministre de l'Intérieur doit maintenant le comprendre", a-t-il réagi, dénonçant une nouvelle fois la faiblesse de ces effectifs (environ 3.500 hommes pour 850.000 habitants). "Y en a ras-le-bol, s'ils se tuent entre eux, pas de problème, mais enfin en plein centre-ville, il y a du monde quand même !", pestait Christian qui racontait avoir été réveillé par "une pétarade".