Une fraude de 450.000 euros à la Sécu

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Une fraude de 450.000 euros à la Sécu
L'infirmière poursuivie par la justice a notamment travaillé dans des maisons de retraite du Val-de-Marne.@ MAXPPP
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Pendant des années, une infirmière aurait surfacturé, voire inventé des actes de soins.

D’après ses factures, elle travaillait plus de 24 heures par jour. Une infirmière libérale est accusée d’avoir fait payer des soins plus chers qu’elle n’aurait dû, voire d’en avoir inventé. Au total, celle-ci aurait causé un préjudice de 450.000 euros au détriment de la Caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) du Val-de-Marne. Cette femme de 46 ans est poursuivie à Créteil et doit comparaître, le 16 mars, devant le tribunal correctionnel.

C’est un signalement de la CPAM qui a fait démarrer l’enquête. L’organisme s’étonnait en effet de l’activité de cette infirmière qui travaillait depuis une dizaine d’années, notamment dans des maisons de retraite du département, à Sucy-en-Brie et à Limeil-Brévannes. Entre 2007 et 2012, cette femme aurait surfacturé des actes de soins, quand elle ne les inventait pas tout simplement. Et l’enquête du parquet n’a pas pu remonter plus loin, car les faits étaient prescrits.

Elle aurait gardé des cartes Vitale

L’infirmière aurait également gardé les cartes Vitale de certains patients "pour établir les factures chez elle". "J’adorais mon métier, j’ai soigné des gens qui n’avaient pas les moyens de me payer", se défend l’intéressée, affirmant avoir travaillé "pendant des années, sept jours sur sept, vingt heures par jour". Une activité intense qui aurait suscité, selon elle, des "jalousies".

L’infirmière devra aussi répondre d’autres chefs d’accusation, dont celui de blanchiment d’argent. Elle aurait en effet réinvesti le produit de sa fraude dans plusieurs biens immobiliers, ainsi que dans le restaurant de son fils. La prévenue, elle, nie catégoriquement les faits. "Je suis une femme brisée. On m’accuse de choses totalement mensongères", plaide-t-elle, se disant "victime d’une cabale".

Une patiente hébergée chez elle

L’accusée aurait également profité d’une de ses patientes, âgée de 90 ans, qu’elle aurait persuadée de venir habiter chez elle, "sans prévenir les membres de sa famille". La patiente lui aurait alors remis de nombreux chèques. D’après les enquêteurs, elle était sur le point de faire signer à l’infirmière un mandat de protection future au nom de son compagnon, qui lui aurait permis de gérer son patrimoine à sa place.

Cette femme âgée était certes "bien traitée", mais "l’infirmière était en train de lui vider ses comptes", résume une source judiciaire. La prévenue se défend de son côté en mettant en avant, une nouvelle fois, son professionnalisme. Elle assure avoir aidé sa patiente, "qui ne voulait plus subir les vols de sa fille" et clame qu’elle était "bien soignée chez [elle]".